Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,1) — Paris, 1904

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 53

objet, je faisais remonter tout le monde. Quand six tombes avaient été
préparées de la sorte, je renvoyais les ouvriers dans le rang et ils tra-
vaillaient à la surface surveillée par le mandoub que l'administration
du musée de Gizeh m'avait envoyé pour me voir opérer. Je prenais alors
avec moi deux ouvriers, choisis parmi les meilleurs et les plus fidèles,
quelquefois parmi les plus innocents, je descendais moi-même dans les
tombeaux, avec mon reis des fouilles et mon domestique particulier sur
lesquels je savais pertinemment pouvoir compter, et l'on déblayait. Sitôt
que l'on avait atteint le fond, et par le fond j'entends la couche infé-
rieure où se trouvait le cercueil, mon reis des fouilles, sous mes yeux,
se chargeait lui-même d'explorer cette dernière couche avec toute la
délicatesse de tact dont il était capable, et ce n'est pas peu dire, car ces
pauvres gens sont tellement habitués aux fouilles qu'ils sentent pour
ainsi dire par le tact les objets qu'ils trouvent avant de les toucher.
J'étais toujours près de lui, notant les moindres circonstances des dé-
couvertes, et, c'est de la sorte que je puis donner au lecteur des détails
aussi circonstanciés que ceux qu'il trouvera dans le présent ouvrage,
c'est de la sorte aussi que j'ai pu réunir les objets dont il va être ques-
tion. Souvent, quand l'importance de tel ou tel objet n'était pas comprise
de mes fouilleurs, je m'opposais à ce qu'ils abandonnassent des frag-
ments dont ils ignoraient l'importance et je faisais ramasser les
moindres choses qui sortaient des tombeaux. Les sourires les moins
flatteurs pour moi leur venaient aux lèvres et je les entendais quelque-
fois se moquer entre eux des objets que je faisais recueillir, mais je les
laissais dire et je n'en recueillais pas moins les plus petits fragments
des plus petits objets. C'est ainsi que j'avais fait pour le tombeau de
l'année précédente, c'est ainsi que je fis pour les fouilles qui me con-
duisirent à la découverte du tombeau d'Osiris. Si j'étais forcé pour une
raison ou pour une autre de sortir de la tombe que je faisais déblayer,
je faisais monter avant moi tous les ouvriers qui s'y trouvaient et je
leur défendais absolument d'y redescendre que je ne fusse revenu d'où
l'on m'avait appelé, préférant les laisser oisifs un moment que m'ex-
poser à un vol quelconque : je ne me suis jamais aperçu que mes
ordres aient été transgressés.
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