Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,1) — Paris, 1904

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 157

Qu'on trouve d'abord leur tombeau et j'examinerai ensuite si ma théorie
en reçoit un secours ou en est complètement détruite. Pour le moment,
je ne m'occupe que d'Osiris parce que j'ai trouvé le principal des tom-
beaux qui lui avaient été élevés en Egypte, non pas des tombeaux votifs,
mais tombeaux renfermant une partie de son corps. Peu m'importe
qu'on ait voulu tourner ma persuasion en ridicule en me parlant de
Jupiter et de la chèvre Amalthée, en disant qu'on avait trouvé les tom-
beaux du dieu et de sa nourrice — celui qui a prononcé ces paroles serait
sans doute bien embarrassé de le prouver — ; quand même le fait serait
vrai, il n'influerait en rien sur ma persuasion, et cela simplement pour
la bonne raison que les Egyptiens n'étaient pas les Grecs. Osiris, le
maître d'Abydos, ainsi qu'on le nomme, a vécu, je le crois ; il a traversé
son pays en faisant le bien qu'il pouvait faire, simple, naïf. Je me le
représenterais volontiers comme une sorte d'innocent, vaguant jadis
comme vaguent aujourd'hui ceux qu'on nomme les saints en Egypte,
charmant sa vie par des airs qu'il composait, chantait et jouait sur des
instruments primitifs, préoccupé seulement de se rendre la vie aussi
heureuse que possible et de faire partager ses plaisirs innocents à ses
contemporains. La postérité, surtout la postérité immédiate fut si char-
mée de la vie et des découvertes osiriennes qu'elle fit d'Osiris d'abord
un de ses protecteurs, lui continuant le rôle de sa vie, puis ensuite le
juge souverain des actions humaines dans les enfers, à mesure que le
dogme de l'immortalité de l'âme prévalut et s'étendit parmi les hommes
de la vallée du Nil.

Si je ne m'étends pas plus à cette place sur cette question de la réalité
d'Osiris, c'est que je la considère comme déjà réglée par ma monogra-
phie du tombeau d'Osiris. Si le crâne qui fut trouvé dans la tombe n'est
pas celui du dieu, cela s'explique aussi aisément que sa présence me
semble naturelle en ce lieu. Les spoliateurs devaient tout d'abord penser
à détruire la relique existant à Abydos; de mon côté, ne trouvant aucun
autre ossement dans la tombe sainte d'Osiris, je devais naturellement me
trouver porté à regarderie crâne que j'avais rencontré comme la relique
d'Osirisconsacrée enAbydos, jusqu'au moment oùl'examen scientifiqu e
m'aurait révélé que ce ne pouvait être un crâne d'homme : c'est ce que
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