Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,1) — Paris, 1904

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 159

crurent que c'était le mur même du grand tombeau : moi-même tout le
premier je crus que je m'étais arrêté à trois mètres seulement du grand
tombeau, parce que j'avais trouvé quelques-unes de ces briques dispo-
sées en lit et que je les pris pour le mur même de la tombe centrale.
Instruit par l'expérience, je n'aurais pas écrit ces paroles la troisième ni
même la seconde année; mais à la suite de la première campagne de
fouilles, je ne pouvais me faire une idée aussi exacte de la nécropole
que j'exploitais. Lorsque je trouvai le mur sud, je rencontrai aussi un
mur énorme construit par les spoliateurs et pour la construction
duquel on avait employé, non plus la brique, non plus seulement les
pierres de calcaire éparses dans la montagne, que l'on avait placées
tant bien que mal par assises froides, en prenant la précaution de les
assembler grâce à d'autres petites pierres que les indigènes appellent
messâmtr, et de les cimenter avec du sable (cela tient assez
pour que la construction résiste pendant treize siècles, comme ce fut ici
le cas), mais encore avec des monuments considérables réduits préala-
blement en morceaux. J'en ai trouvé plusieurs ainsi employés, et en par-
ticulier un qui m'a semblé de la plus grand beauté, qui avait été sculpté,
qui portait des représentations de personnages appartenant à la légende
d'Osiris et digne d'être comparé au grand lit en granit que je devais
trouver. Il était en albâtre, non pas en cet albâtre ordinaire qu'on
nomme albâtre d'Égypte et qui n'est que de l'onyx algérien. Vu le
nombre respectable de morceaux qui sans doute lui appartenaient, ce
devait être un monument remarquable, et je pourrais ajouter même
d'une grande ancienneté. La gravure était peu profonde, à cause de
la dureté de la pierre sans doute, ou peut-être à cause du peu d'ha-
bileté de l'ouvrier. La décoration courait le long des bords de pierres
extrêmes et était avant tout géométrique, car elle se composait de
lignes transversales se coupant, contenues entre deux lignes parallèles
qui couraient le long du monument. J'ai pu y lire les noms d'Isis et de
Horus. Les fragments étaient trop peu considérables et trop lourds tout
à la fois, pour penser un seul moment à les utiliser, ou même à pouvoir
les transporter au Caire ou à Paris : ils n'auraient pas payé la dépense
exigée et n'auraient sans doute pas trouvé bon accueil près des autorités
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