Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,1) — Paris, 1904

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 183

en prendre les dimensions des quatre côtés. La longueur du côté est,
mesurée de l'extrémité des chambres nord au commencement des
chambres sud, était de 8m,47, tandis qu'à l'ouest, mesurée dans des con-
ditions identiques, cette même longueur était de 8m,64; de même la
longueur de la cour au nord, d'est en ouest, depuis l'extrémité des
chambres de l'est jusqu'au mur ouest était de 10m,49, tandis que du côté
sud, dans les mêmes conditions, il y avait seulement 10m,39. Ces diffé-
rences s'expliquent par la défectuosité et l'irrégularité des chambres,
car ainsi que je le dirai plus bas, le tombeau d'Osiris était presque ré-
gulièrement construit. Il aurait été fort difficile de venir à bout de cette
cour, qui n'avait pas moins de 89 mètres de superficie, et d'enlever pro-
prement près de 260 mètres cubes de décombres, car à mesure qu'on ap-
prochait du fond il devenait presque impossible aux ouvriers de sortir du
tombeau. Il me fallait de toute nécessité diviser cette grande cour en deux
parties par un mur, nettoyer avec soin la première et jeter les décombres
de la seconde dans celle qui aurait été déblayée. Je m'étonnais très fort
que les spoliateurs n'eussent pas agi de la sorte, lorsqu'on trouva à
1 mètre environ du fond, le mur qu'ils avaient construit afin d'opérer
avec plus de sécurité le pillage néfaste auquel ils se livrèrent. Ils en
avaient même fait deux, l'un partant du mur nord de la chambre D et
aboutissant au mur ouest de la chambre M en décrivant un arc de cercle,
le second partait de cette même chambre M et allait rejoindre la
chambre G. La cour était ainsi divisée en trois parties, et les fouilles en
avaient été rendues plus faciles. Pour construire les murs on s'était
servi de tout ce que l'on avait eu sous la main, poteries, pierres taillées
ou non, monuments brisés ou même intacts. Je fis tout démolir pour
rechercher les monuments brisés, dans l'espoir que je pourrais arriver
à les recompléter, et cet espoir n'a pas tout à fait été déçu.

Je trouvai dans cette cour des traces de l'incendie le plus violent :
des jarres avaient été vitrifiées par le feu et s'étaient pour ainsi dire
coagulées ensemble, si bien que je trouvai des blocs de cette vitrifica-
tion n'ayant pas moins de 0m,30 de long sur 0m,25 de large et 0m,50 de
hauteur : ce n'était qu'une seule masse. D'autre part je retrouvai dans
cette cour la preuve qu'on s'était servi de crible, car je rencontrai les dé-
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