Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,1) — Paris, 1904

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192 LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

avancé, car il y a un nombre relativement grand de cartouches-prénoms
commençant par ce signe. Depuis que j'ai lu ce signe, on a essayé de
divers côtés de lire ces inscriptions; je ne m'en suis guère ému, car je
savais ce qui en était; d'ailleurs fût-on parvenu à lire ce que je n'avais pu
lire que j'aurais été le premier à féliciter le lecteur, eût-il été mon plus
redoutable adversaire. On ne l'a donc pas pu malgré des efforts réitérés,
et nous en sommes réduits à voir qu'il y avait un prénom et un nom,
peut-être à savoir que le prénom commençait par le signe O, ce qui ne
suffit pas pour nous mettre sur la trace du nom royal.

Reste le fait de la mutilation causée par le martelage. Ce n'est certes
pas la première fois qu'on se trouve en présence de martelages, car on
a déjà rencontré et l'on rencontrera sans doute bien des inscriptions
qui seront dans ce cas. Pour marteler une inscription royale, il faut
avoir eu d'assez graves raisons, et tout bien considéré, ces raisons
examinées à la lumière de l'histoire se résument en trois : ou haine
d'un nom royal, ou haine d'une divinité, ou usurpation. L'érasion des
cartouches de la reine Hatschopsit par Thoutmès III est un fait bien
connu qui appartient à la première catégorie ; l'érasion du nom d'Amon
et des cartouches où entrait ce nom par le pharaon encore énigmatique
s'étant appelé Aménophis IV en est un autre qui rentre dans la seconde
catégorie ; l'érasion de certains cartouches comme ceux qui se trou-
vaient sur les monuments de San recueillis par Mariette en est un
autre encore qui rentre dans la troisième ; mais ce dernier cas est
beaucoup plus rare, car, pour usurper un monument qui lui plaisait, un
pharaon n'avait qu'à faire graver son nom à côté de celui du dédicateur,
sans faire marteler ce dernier. Ici, nous n'avons pas usurpation, puis-
que celui qui a ordonné le martelage n'a pas jugé à propos de faire
graver son nom sur le monument en question. De plus, on ne peut
attribuer ce martelage aux Coptes spoliateurs, pour une bonne raison,
c'est qu'ils ne l'auraient pas fait si minutieusement et qu'en admettant
qu'ils sussent encore lire les hiéroglyphes, ce serait aux noms de divi-
nités qu'ils s'en fussent pris, comme Osiris, Horus, Apouaïtou, et non
au nom d'un roi qu'ils ignoraient. Je ne m'arrête donc pas à cette
hypothèse. Restent les deux autres. Je ne crois pas que le martelage
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