Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,1) — Paris, 1904

Seite: 193
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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 193

soit fréquent à partir de la XIXe dynastie : bien que les dynasties se
soient succédé les unes aux autres avec tout autant de fréquence que
dans les époques antérieures, il semble cependant que les mœurs se
fussent adoucies ou que les hommes se soient rendu compte que mar-
teler un nom sur les murs de temples ou sur d'autres monuments
n'avançait en rien leurs affaires. Aussi ne crois-je pas qu'il faille des-
cendre bien bas dans l'histoire pour trouver l'auteur de cette profa-
nation et de ce martelage et qu'on ne peut guère dépasser la XXIIe ou
la XXIlIe dynastie. Quant à la troisième catégorie, elle ne peut guère
entrer en ligne de compte ici, car un seul nom de divinité a été martelé
dans l'histoire égyptienne, le nom d'Amon par Aménophis IV à la fin
de la XVIIIe dynastie, et je ne crois pas qu'il y eût de place pour le
nom d'Amon dans les cartouches, car ce nom aurait dû être suivi d'un
autre mot. En outre, si ce nom avait entraîné le martelage, on aurait
martelé seulement un cartouche et non les deux. Il faut donc consi-
dérer le fait comme existant et renoncer à l'espoir d'en trouver jamais
la raison, à moins qu'un document ne vienne par hasard nous apporter
la lumière qui nous est nécessaire.

Maintenant ces inscriptions gravées sur le pourtour du lit sont-elles
de la même époque que le lit? Je le dis en toute sincérité, je ne le crois
pas, et je vais donner les raisons de mon sentiment. D'abord il y a une
■énorme différence entre les caractères de ces inscriptions et ceux des
•inscriptions qui se trouvent près des personnages et que je considère
comme contemporaines du monument. Les premiers sont élégants,
dessinés avec une grande habileté et gravés avec non moins de bonheur ;
au contraire, les seconds sont à peine entrés dans la pierre, ils sont des-
sinés et gravés comme on pouvait le faire sans que ce faire fût bien ; les
premiers ont été rehaussés de blanc, les seconds ont été laissé tels
quels, et cela est cause qu'ils ne sont pas venus à la photographie, tan-
dis que les premiers sont au contraire très bien venus. En outre, si l'on
admet que le même ouvrier a tracé les uns et les autres, les a gravés,
comment a-t-il rehaussé de blanc seulement les caractères de l'inscrip-
tion du pourtour, sans en relever en même temps les caractères tracés
près des personnages? S'il y avait intérêt à faire ressortir les caractères

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