Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,1) — Paris, 1904

Seite: 295
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amelineau1904bd3_1/0315
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
facsimile
LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 295

comme ayant réellement vécu. Nous avons vu dans un paragraphe pré-
cédent la même épithète accolée au nom de Horus : si le père a vécu,
le fils doit avoir vécu aussi. Cette question delà divinisation postérieure
d'hommes ayant vécu d'abord est une question intéressante au premier
chef pour résoudre le problème de l'évolution des idées religieuses. Il
ne saurait être étonnnant que des hommes ayant vécu sur la terre soient
devenus par la suite de véritables divinités, ayant un rôle bien spécifié
et des attributions très bien établies, quand de nos jours encore la
Chine ne connaît d'autre culte officiel que le culte des héros, c'est-à-dire
des hommes ayant vécu et accompli en n'importe quelle condition
des actions saintement héroïques, qui ont été officiellement reconnues
par le Fils du Ciel et désignées par lui pour servir de modèle à tous ses
sujets. Or, je l'ai déjà dit assez souvent, pas un pays ne ressemble plus
à la Chine actuelle que l'Egypte ancienne, ou pour mieux dire pas un
pays ne nous offre une image plus fidèle de l'Egypte ancienne que la
Chine actuelle, parce que la Chine est le pays qni a conservé la plus
intacte son ancienne civilisation, et que la Chine et l'Egypte vivaient
jadis sous un régime où la Tribu patriarcale avait la plus grande
influence sur les affaires de l'État.

Je prie mes lecteurs de bien observer qu'ici je ne me fais pas le dé-
fenseur de la réalité d'Osiris : qu'est-ce que cela peut me faire actuel-
lement qu'Osiris ait vécu, ou non, il y a à peu près dix mille ans ? Abso-
lument rien. Je fais seulement valoir les raisons qui militent en faveur
de la réalité de son existence, parce qu'il me semble en avoir trouvé,
comme je ferais valoir les raisons contraires si je les avais rencontrées.
La question aurait fait un grand pas, si j'eusse rencontré, comme je
l'ai d'abord cru, le chef d'Osiris ; mais le crâne trouvé dans son tom-
beau lui appartient-il réellement? C'est ce dont décidera l'examen
auquel il est soumis et dont je ne connais pas encore le résultat au
moment où je corrige les épreuves de cet ouvrage (28 janvier 1904).
Une première fois, je l'ai soumis à l'examen d'un homme réputé dans la
science anthropologique, et l'examen eut un résultat contraire à ce
que j'avais cru. Mais j'ai reçu tant d'oppositions à ce premier jugement
que je l'ai soumis à un nouvel examen, et le lecteur en trouvera le ré-
loading ...