Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,1) — Paris, 1904

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322 LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

on a voulu faire revivre les formes archaïques, quelle différence, non
pas dans la terre qui est toujours la même, mais dans la manière de
traiter et de faire cuire cette argile. Je ne peux en effet passer sous si-
lence les différents phénomènes qui apparaissent encore dans les vases
de la plus lointaine époque et qui proviennent de la cuisson. J'ai déjà
fait observer en son lieu que les grandes jarres offraient des sortes de
pustules ou de boursouflures à la surface, lesquelles devaient provenir
soit des sels employés pour le vernissage de l'extérieur, soit de la
mauvaise préparation des sels qui entraient dans le mélange formant le
vernis qu'on étendait sur la couche argileuse. Je dois dire en outre que
les fragments de jarres brisées,mais non par suite du feu, présentaient
un autre phénomène que l'on retrouve encore, mais à l'état moins
apparent, dans les vases d'une époque plus rapprochée de nous. J'ai
en effet observé dans ces fragments que les parties les plus rappro-
chées des extrémités extérieure ou intérieure, étaient mieux cuites,
plus pures de tout mélange, plus blanches en un mot que la partie
centrale où l'on voyait une ligne presque noire se fonçant de plus en
plus à mesure qu'elle approchait du centre. Les personnes à qui je
faisais observer ce phénomène me disaient presque toutes qu'il prove-
nait de la présence du fer dans la terre employée ; je ne suis malheu-
reusement pas assez expert en chimie pour juger si elles avaient raison
ou non dans leur appréciation de la cause du phénomène, mais je peux
dire en toute assurance que le phénomène existait tel que je le décris.
En résumé, toutes les poteries que l'on peut reporter sur cette époque
lointaine de la préhistoire, surtout en Egypte, sont de terre grossière,
de forme grossière, de cuisson grossière, même celles qui sortent de
l'ordinaire et en qui Ton peut voir le présage encore obscur de la belle
industrie future.

Et maintenant si, en face de ces poteries, je place les beaux vases
que le lecteur a vu défiler devant lui dans les deux premiers volumes
de ce compte-rendu, et je parlerai tout autant des fragments recueillis
avec soin que des vases intacts et complets, car certains fragments sont
plus utiles pour l'histoire du travail humain que les vases les plus com-
plets et les plus intacts, je le lui demande avec assurance : de quel côté
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