Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,1) — Paris, 1904

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 323

est le plus grand art? Du côté des poteries grossières, archigrossières
qu il vient de voir défiler sous ses yeux, car je ne veux employer ici que
des poteries provenant d'Abydos, provenant de mes fouilles, parce que
j en connais l'origine, et non des poteries plus fines que M. de Morgan
a fait connaître ainsi que M. Pétrie, parce que pour celles de M. de Mor-
gan je suis persuadé qu'elles sont d'une époque postérieure et que pour
celles de M. Pétrie je ne peux leur attribuer une date, même approxima-
tive, non plus que lui d'ailleurs, — car si un auteur a donné un exemple
célèbre des variations de sa pensée, c'est sans contredit M. Pétrie! —ou
bien du côté des vases en pierre, que l'on peut à l'aise traiter de gros-
siers, de mal travaillés, d'instables, mais qui ne seront jamais si gros-
siers, si mal exécutés, si instables que les poteries dont je viens de
traiter? Depuis quand l'imitation d'objets presque informes aurait-elle
produit des objets presque parfaits? Ce n'est pas là la manière de pro-
céder employée par l'esprit humain. Ne serait-ce pas au contraire l'imi-
tation des vases si bien travaillés, dessinés par les fabricants en pierre
dure qui aurait amené les imitateurs à vouloir reproduire en terre les
vases magnifiques et riches qui constituaient la vaisselle d'une maison
royale ou simplement seigneuriale ? Il y a un fait hors de doute : on peut
prendre les grandes jarres trouvées dans le tombeau de Set et de Horus,
les unes en terre et les autres en pierre, ici en onyx : celles en terre
sont presque primitives, mal cuites, non ou peu ornées ; celles en
pierre sont admirablement travaillées, polies à l'intérieur autant qu'on
le pouvait faire alors, et l'une d'elles est ornée d'un système de cordes
nécessaire pour les transporter. Si je prends les innombrables poteries
que renfermaient les chambres de cette tombe, poteries qui malheu-
reusement étaient brisées pour la plupart, mais dont quelques spéci-
mens ont échappé à la dévastation, je vois que ces poteries étaient
tout à fait primitives, assez mal venues, de peu de ligne; si je prends
au contraire les vases en pierre qui ont été trouvés dans les chambres
voisines, je vois des formes qui nous peuvent paraître étranges, qui
n'ont dans les poteries aucun modèle parallèle, des formes dont l'épure
demanderait encore aujourd'hui de très habiles dessinateurs, qui ont
de la ligne, quelquefois, sinon souvent, une très belle ligne; je vois que
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