Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,1) — Paris, 1904

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 335

toire d'Egypte. Elle se trouve aux numéros 5 et 6 de la planche XLIV.

Je ne quitterai pas ce chapitre sans parler d'un objet de sorte bien diffé-
rente que je rencontrai à un mètre environ de profondeur dans la cou-
che supérieure de décombres de la grande colline. L'objet dont je parle
était brisé en je ne sais combien de morceaux, puisque je ne l'ai pas
trouvé tout entier. Les parties que j'ai trouvées parlent d'ailleurs assez
éloquemment. Sur un vase en terre cuite on avait représenté d'une
manière qui défie toutes les objections, la partie supérieure du dieu
noir qu'on appelait Bès. Je ne crois pas que le tronc et les membres
inférieurs de ce dieu eussent été représentés; mais sa tète grimaçante
est bien celle qui est représentée dans les temples de la Nubie et celle
que l'art égyptien avait popularisée à partir d'une certaine époque. Je
ne saurais pas m'aventurer de manière à dire avec assurance à quelle
époque appartient le monument auquel je fais allusion ; je crois que
l'objet appartient à l'époque ptolémaïque; mais je ne peux en dire da-
vantage parce que je n'en sais pas davantage. Je ne sais pas non plus
quel était l'objet dont les fragments que j'ai trouvés faisaient partie, ni
à quel usage cet objet servait, parce que rien n'est venu m'indiquer
l'une ou l'autre de ces deux choses et que je préfère avouer mon igno-
rance plutôt que hasarder une explication qui pourrait peut-être
avoir les apparences de la stabilité, mais que je saurais parfaitement
instable. Quoi qu'il en soit, voilà donc une nouvelle preuve que sous
les Ptolémées le culte d'Osiris était en pleine vigueur, quoique je ne
voie pas ce que le dieu Bès avait à voir à Om el-Ga'ab avec Osiris. Il
n'est pas nécessaire d'ailleurs que la légende de Bès ait eu quelque
rapport, si lointain qu'on le puisse supposer, avec la légende ou le culte
d'Osiris; il suffit que cet objet ait appartenu à un dévot d'Osiris et que
ce dévot, dans un moment de ferveur, en ait fait hommage au dieu qu'il
voulait remercier, invoquer ou simplement honorer.

Le quatrième et dernier objet en terre cuite que j'ai à examiner avant
de finir ce chapitre des terres cuites est le plus antique spécimen d'un
ustensile qui est devenu si commun dans notre actuelle civilisation
qu'il n'est presque pas de maison en France, comme aussi dans le reste
de l'Europe, qui n'en possède un ou deux exemplaires : c'est celui que
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