Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,1) — Paris, 1904

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 341

le second est beaucoup plus grand que le premier. Le numéro qui
précède le second, à savoir le 4 de la planche XXXI, présente encore
la forme d'une auge, mais d'une auge dont le milieu serait rempli
par une sorte de pain rond qui s'y trouve. Je ne sais pas encore s'il y a
d'autre exemple d'une semblable table, sinon le numéro 18 de la
planche XXIX, à moins qu'il ne le faille faire entrer dans la catégorie
des tables où les offrandes sont représentées. Du reste, la même idée
se trouve au fond de ces dernières, mais plus perfectionnée et mieux
rendue, comme on le voit sur les numéros 19 et 20 de la même planche.
On pourrait peut-être aussi reconnaître sur le bord gauche du numéro
22 une tentative de représentation des offrandes, à moins que ce ne soit
simplement un effet de l'éclatement de la pierre. Mais bien certaine-
ment aux numéros 19 et 20, les offrandes sont représentées, offrandes
végétales sans doute dans le premier et le plus petit de ces fragments,
offrandes de toute sorte, pains, fruits, viandes, etc., dans le plus
grand, qui nous montre aussi par le rebord de la partie haute que le
reste de la table avait ainsi cette forme creuse que j'ai signalée et
nommée auge, que par conséquent cette forme semble avoir été adop-
tée de préférence à une certaine époque dans les offrandes funéraires
dont on faisait hommage à celui qu'on voulait honorer.

Tout autre est la forme du numéro 21 qui me semble un compromis
entre la forme des tablettes en schiste ardoisier qui ont été trouvées en
si grand nombre depuis 1895 et celle des tables d'offrande votives dont
il vient d'être question. Elle est en pierre schisteuse, et elle a une par-
tie rectangulaire : au milieu de l'un des grands'côtés de ce rectangle est
une partie qui s'avance vers une rigole creusée en son milieu pour
l'échappement des offrandes liquides. Le champ de la table est marqué
par une rainure simple de trois côtés et double du côté opposé à la
rigole dont je viens de parler. Ce champ est presque entièrement occupé
par la représentation des offrandes faites aux morts : à la partie centrale
inférieure on voit une table dressée, sur laquelle sont empilées des
offrandes qui s'étagent trois fois; de chaque côté de cette table l'espace
vide a été rempli par la représentation de deux grandes jarres qui ne
ressemblent que d'assez loin à celles que j'ai décrites dans le chapitre
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