Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 353

très bien dans la grande assiette en porphyre. Ce sont là toutes les
réflexions que j'ai à faire sur les assiettes, et le lecteur s'apercevra de
lui-même qu'il n'y a pas matière à de nouveaux développements après
tout ce que j'ai dit à ce sujet dans le second volume de cet ouvrage.

Les vases cylindriques rencontrés au cours delà troisième campagne
ont été relativement fort nombreux et leurs dimensions étaient plus
grandes que celles auxquelles j'étais habitué. Malheureusement ils
avaient tous été brisés de telle façon qu'il m'a été complètement impos-
sible de les faire restaurer, car aux uns il manquait la base et aux autres
l'extrémité opposée : dans ces conditions, la restauration que j'aurais
fait faire n'aurait donné qu'une œuvre de fantaisie parisienne et non
une œuvre égyptienne. Le lecteur qui voudra se reporter à la planche IV
du Tombeau d'Osiris trouvera un spécimen de ces gres et sans doute
grands vases cylindriques dans le fragment où les moines qui l'ont brisé
avaient pris plaisir à charbonner la tète du Christ'. Cependant deux de
ces grands vases ont échappé à leur barbarie et sont aujourd'hui au
musée de Gizeh : ils sont représentés aux numéros 10 et 11 delà
planche XXI. Le plus grand serait beau, s'il n'était trop massif et si
l'ouvrier qui le fit avait eu un sentiment plus vif de la beauté des
lignes : à gauche, la courbure latérale du vase est bien accusée, niais
elle descend trop bas et se renfle trop vite pour atteindre un pied trop
large ; à droite, elle est beaucoup moins accusée et attend trop long-
gtemps avant de s'infléchir. Le rebord du vase est bien proportionné à
sa longueur et à sa masse. Le lecteur observera aussi les signes + qui
tracés en biais ou perpendiculairement apparaissent sur ce vase,
charbonnés par les spoliateurs : je serais assez tenté de croire que ce
pourrait être une croix, si les Coptes eussent connu d'autres croix que
la croix grecque ; tel qu'il se présente, ce signe me parait être la lettre
copte -f, à moins que ce ne soit un signe tracé au hasard. Le second
vase qui se trouve près de ce premier est trop étroit pour sa longueur;
il n'a presque pas de ligne d'infléchissement à gauche et n'en a pas du
tout à droite. La matière ne sort pas de l'ordinaire, c'est l'onyx jaune
d'une couleur sale ; le rebord du vase à la partie supérieure est trop

1. E. Amélineau : Le Tombeau d'Osiris, pl. IV, n' 16.
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