Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 355

de cette année-là, parce que je n'en avais pas la photographie. Que peut
représenter ce fragment de granit, sur lequel s'est exercée la rage des
démolisseurs? A mon avis, nous avons là les restes de ce qui était une
colonne : on en voit très bien le socle malgré les brisures faites parles
Coptes. De plus en retrait sur la partie qui représente le sol était le
socle et en retrait sur ce socle s'élève le fût qui s'arrête bientôt à cause
du bris qui en fut fait. Les restes de cette colonne sont assez considé-
rables, mais ce qui en manque devait avoir des dimensions encore plus
considérables, à en juger par celles de ce qui a été conservé. Où est-ce?
Je n'ai trouvé que cela, malgré les recherches les plus attentives. Il n'y a
pas à dire à ce sujet que la partie absente a été jetée par mégarde dans
le sable qu'on enlevait; car fort heureusement dans ce cas, la densité
du granit aurait à elle seule, par suite du poids, trahi la présence d'un
semblable reste, s'il se fût trouvé dans le sable. Je redis donc : Où est
le reste de la colonne? De même le mortier du bassin de Dea était de
même matière : il en manque un bon tiers; et pourquoi n'aurais-je pas
rencontré les fragments qui manquent, puisque j'ai bien trouvé quatre
ou cinq gros fragments? Où sont les autres? La réponse à ces questions
restera longtemps introuvable. Il en faut donc conclure que la spolia-
tion a été systématique et voulue. De plus, que faisait ce reste de
colonne dans le tombeau du roi Serpent'} Évidemment elle n'avait rien
à faire avec le support d'un toit quelconque, puisque le tombeau où elle
a été trouvée, ainsi que les autres qui l'avoisinaient, étaient ou à ciel
ouvert ou recouverts d'une toiture en terre battue mélangée de feuil-
lage, ou quelquefois la toiture était composée de pièces de bois soute-
nant le feuillage qui protégeait les objets remplissant les chambres en
dessous. Si cette colonne n'avait pas d'usage immédiat, c'était donc
une colonne votive ; or, c'est la première lois qu'un semblable objet
votif a été trouvé. Évidemment encore, cet objet n'est pas de l'époque
contemporaine du tombeau d'Osiris, ni de celle des tombeaux adjacents,
puisque la première colonne réelle que nous connaissions date de la
V dynastie et a été trouvée par M. de Morgan dans le tombeau de
l'tah-Schepsès : si elle est votive, comme cela est certain, et d'une
époque postérieure, comme il est non moins certain, elle devaitje crois,
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