Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 373

compte de ses fouilles, que ces palettes étaient des polissoirs avec les-
quels on mettait la dernière main aux vases en pierre dure qu'on polis-
sait, et il paraît s'étonner qu'on ait employé des outils aussi incommodes
pour arriver à un pareil résultat'; mais cette incommodité lui semble de
peu de poids à cause des traces de malachite et d'hématite qu'il y a
trouvées et de l'usure qu'il y a remarquée. Il me paraît bien plus simple
de croire que ces susdites palettes ne sont autre chose que de pauvres et
rudes pièces d'offrande qu'on déposait dans les tombes pour y figurer,
dès cet ancien temps, des offrandes qu'on ne pouvait ou qu'on ne voulait
offrir réellement. Il suffisait pour déterminer l'espèce d'offrande qu'on
voulait faire de donner au morceau de schiste ardoisier qu'on dépo-
sait la forme du quadrupède, de l'oiseau ou du poisson qu'on voulait
offrir. On retrouve la même coutume à toutes les époques historiques;
ce qui est nouveau et ce qui mérite d'être signalé, c'est de retrouver
cette coutume à l'époque préhistorique. Il n'est pas étonnant que
M. Pétrie, qui n'a pas su reconnaître l'âge des monuments qu'il a ren-
contrés à Neggadeh, n'ait pas su davantage reconnaître la destination de
ces prétendueè palettes qui ne sont autre chose que la figure des
offrandes que l'on ne faisait pas.

M. de Morgan a également trouvé de ces objets dans le tombeau
royal de Neggadeh : il les appelle avec raison des plaques de stéato-
schiste, car n'en connaissant pas la destination, il s'est borné à en indi-
quer la matière. Il en a trouvé des exemplaires fort nombreux dans la
chambre qu'il désigne par B : « nombreuses plaques rectangulaires de
schiste, demi londues ou tordues par la chaleur », et dans la chambre Y
« cinq ou six grandes plaques rectangulaires en stéato-schiste Il en
ligure deux dans la suite de son ouvrage'. A ce sujet, il dit : « En par-
lant des usages des indigènes, au chapitre qui précède, j'ai émis l'opi-
nion d'après laquelle les ligures animales en sléato-schiste ne seraient
autres que des amulettes funéraires ou des représentations ayant trait
aux croyances religieuses. Je ne puis donner cette explication relative-

t. Ibid., p. 43 n° 63.

2. J. île Morgan : Becherchcs sur les origines de l'Égypte, l. II, p. 160.

3. Ibid,, «g. 767-768.
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