Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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38'i LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYUOS

musée quel- onque n'est à comparer avec cette fausse pointe de flèche,
à moins que ce ne soit celle qui m'a été enlevée et qui a été vendue à
un voyageur qui l'a pu remettre à un musée. Ce qu'il y a de bien certain
encore, c'est que de pareils chefs-d'œuvre n'ont été trouvés qu'en
Egypte et qu'ils laissent bien loin derrière eux les objets similaires les
plus vantés provenant de notre Europe.

La planche II est consacrée aux bracelets que j ai trouvés dans les di-
vers tombeaux explorés cette année-là. lly en a trente-cinq, sans compter
ceux qui sont restés à Gizeh. Tous ces fragments de bracelets ne sont pas
en silex; les uns, comme les numéros l, 2, 3, 4, 5 et 6 sont en ivoire;
le numéro 9 est en agate, le numéro 29 en cornaline, ie numéro 35 qui
se compose de deux morceaux recollés est en agate, comme aus^i sans
doute le numéro 31; il y en a d'autres en cristal de roche, comme les
numéros 24, 25 et 20 et l'un me semble être en écaille, c'est le numéro
19. Tous les autres sont en silex, mais en silex de diverses qualités, car
ils n'ont pas la même couleur.

Ces bracelets sont admirablement bien taillés, avec une grande finesse
et une grande délicatesse. 11 n'entre pas dans mon dessein de recher-
cher quelles difficultés a dû vaincre l'artiste qui les a faits: mais j'insis-
terai sur quelques points particuliers qui peuvent amener à connaître
avec une certaine sûreté les moyens géométriques qui étaient en la
puissance de ces artistes. Si l'on veut se donner la peine de chercher le
centre de ces bracelets en forme de cercle, on trouvera facilement que
ce cercle n'est pas toujours régulier. Si le bracelet 28 qui est entier
est à peu de chose près régulier, le numéro 31 au contraire ne l'est pas,
et de même un certain nombre d'autres fragments sur lesquels je n'ap-
puie pas. Il en faut conclure que les moyens dont disposaient les ou-
vriers de cette lointaine époque étaient tout à fait primitifs, et par
conséquent manquaient de précision, ce qui, je l'espère, n'étonnera per-
sonne. Sans doute, on traçait un cercle a l'aide d'une corde attachée à
un bout de bois et l'on tournait cet outil primitif jusqu'à ce que la ligne
tracée se rejoignit elle-même; car il serait plus difficile de croire
que seul l'œil de l'artiste dirigeait sa main. En effet, il faudrait alors
admettre que cet œil, qui ne s'était jamais trouvé en présence d'une cir-
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