Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABTDOS

conférence tracée avec précision, aurait su corriger l'erreur de l'outil
par un sens extraordinaire de la ligne courbe.

D'an autre côté le fragment de bracelet en cornaline est poli avec
beaucoup d'habileté, de môme que les fragments de bracelets en cristal
de roche; mais quelle que fût l'habileté déployée parles ouvriers qui
firent des bracelets en ces matières, celte habileté fut dépassée de cent
coudées par celui qui polit le bracelet en agate représenté au fragment
35. Ce bracelet fragmentaire est composé de deux parties qui ont été
recollées l'une à l'autre : toutes deux ont été trouvées dans la couche de
cendres qui élait immédiatement au-dessus du tombeau d'Osiris, mais
elles furent trouvées en des jours différents et en des lieux distants l'un
de l'autre. L'artiste qui le poliI a su admirablement faire ressortir les
admirables veines de la matière et l'on peut hardiment comparer son
travail à celui de nos polisseurs modernes. Aussi ne puis-je croire que
ce bracelet d'un poli aussi admirable soit de la même époque que les
autres bracelets qui constituent cette planche : j'y vois un monument
du culte funéraire postérieur à l'époque d'Osiris, même a l'époque des
Mânes, et, s'il le faut attribuer à l'Ancien Empire, on doit avouer en
même temps que jusqu'ici on n'a trouvé aucun objet qui lui puisse être
comparé . J'ai déjà dit plus haut que je fis rechercher avec le plusgrand
soin le reste de ce bracelet qui aurait eu une valeur considérable, si
j'avais pu le retrouver entier, mais malheureusement mes recherches
demeurèrent sans résultat. Ce que je dis de ce bracelet, je devrais le
dire aussi du bracelet en cornaline.

A ce propos, je dois, il me semble, mYxpliquer sur l'ûge auquel ap-
partiennent les objets que j'ai trouvés au cours de mes fouilles. Il est
évident que j'ai dû en rencontrer qui ont été contemporains du mort
Auquel ils ont été consacrés par la suite : ainsi tout ce qui regardait
l'ameublement proprement dit du tombeau, tout ce qui par destination
était absolument nécessaire au mort pour vivre dans son double lequel
soutenait sa vie par les mêmes moyens que les hommes réels, et
devait à son rang de n'avoir pas dans sa tombe un mobilier moins
luxueux que dans la maison où il avait passé sa vie mortelle. Mais une

1. M. Pétrie en a retrouvé un troisii'me fragment.
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