Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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LES NOUVELLES FOUILLES D'AM'DOS 391

ivoire qui ont été trouvés en nombre relativement assez considérable.
Puisqu'il me faut traiter de ces pieds de lit en ivoire, je dois tout d'abord
l'aire observer une affirmation fausse que j'ai le regret d'avoir soutenue
dans mon premier volume, lorsque j'ai dit que c'étaient des pieds de fau-
teuils ou de sièges, et qu'ils représentaient des pieds d'hippopotame'.
Je ne sais trop comment cette dernière erreur s'est glissée dans mon
ouvrage, car il y a une énorme différence entre le pied d'un hippopo-
tame et le pied d'animal qui est représenté dans ces sculptures sur
ivoire. Quant à la première affirmation, elle se pouvait jusqu'à un certain
point soutenir jusqu'au moment oii j'ai trouvé de longues pièces de
bois d'ébène sur lesquelles sont encore les trous et les mortaises dans
lesquels on attachait les sangles du lit, ou ce qui les remplaçait. De
plus, après la découverte du lit d'Osiris, je pus reconnaitre l'interpréta-
tion des tableaux qui ornent les chambres de certains temples, notam-
ment du temple de Séti Ier à Abydos, et voir que le lit sur lequel repo-
sait Osiris était soutenu par des pieds analogues à ceux dont il est
question en ce moment. D'ailleurs lits, fauteuils ou tabourets, il n'y a
pas grande différence dans la destination de ces pieds d'un animal
encore non identifié.

Que ces pieds par les sabols fendus de l'animal représentent un bo-
vidé quelconque, c'est ce qu'on peut croire avec assez de probabilité;
mais indiquer quel était ce bovidé, c'est ce qui me parait plus difficile.
Certains savants, prenant argument des grosses protubérances qui se
remarquent sur la peau de certains animaux, voyant avec quel soin on
les a notées dans les bas-reliefs assyriens ou dans les taureaux qui gar-
daient l'entrée des palais des rois de Ninive, en ont conclu que les
Egyptiens ont imité les Assyriens dans cette particularité et ont
cherché à étayer ainsi la théorie qui me semble insoutenable de la civi-
lisation de l'Egypte par une race sémitique. Mais outre qu'on pourrait
peut-être avec plus de raison se servir de ce fait pour appuyer au con-
traire la théorie qui soutiendrait que l'Assyrie emprunta à l'Egypte
son art comme ses hiéroglyphes, car nous atteignons en Egypte à une

1. E. Ainoline.iu : Les nouvelles fouilles d'AbyJos, l. I, p. 220-221. — Drochurc de la
lr0 année : mùuio tilrc, p. 20.

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