Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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époque à laquelle on est bien loin d'être encore parvenu pour l'Assyrie,
qui pourrait dire à présent que les Egyptiens n'ont pas pris un animal de
la race des bovidés et ne lui ont pas, de leur propre initiative, donné cer-
tains attributs qu'il ne possédait pas physiquement ? Je veux bien pour ma
part que le pied fendu du bovidé soit un pied de taureau, mais il n'existe
pas que je sache de taureaux ayant ces longues protubérances, sur la
peau, ici ces cordons enfoncés dans une sorte d'arcade d'où ils ressortent
avec une audace extraordinaire de sculpture. De plus encore, si certains
des pieds que je vais examiner plus loin ont une jambe assez haute, où
trouver le bovidé dont la cuisse se repliant tout à coup à gauche au
dessus du pied proprement dit, n'en serait séparé que par une
hauteur minime? S'il fallait trouver un animal répondant de tout
point à cette petitesse de la jambe, on pourrait penser au porc qui a
bien le pied fendu en deux comme le bovidé. Mais alors où prendre un
animal dont le pied fasse un angle aussi aigu avec la cuisse? En outre
qui peut dire que les Égyptiens n'ont pas voulu reproduire la jambe
d'un animal disparu depuis ou que nous ne connaissons pas? ou
encore que leur esprit artistique ne se soit pas donné libre carrière,
n'ait pas donné à un animal des attributs empruntés à tel autre, et
qu'ils aient ainsi formé des représentations d'êtres qui n'existent plus,
qui même n'ont jamais existé tout comme ils l'ont fait dans les chasses
d'animaux fantastiques représentés dans les lombes de Beni-llassan ?
Personne, je le crois, n'oserait à l'heure présente, soutenir l'impossi-
bilité de semblables hypothèses et il faut savoir attendre avant de
trouver une solution qui s'impose par sa simplicité et son évidence.

Ces observations faites, je passe aux particularités qui me semblent
mériter d'être signalées à mes lecteurs sans redire toutefois ce que j'ai
eu l'occasion de dire ailleurs. Le numéro 24 est le plus grand pied de
lit en ivoire qui ait été trouvé soit par moi, soit par M. de Morgan, car
je ne parle pas des trouvailles en ce genre de M. Pétrie qui n'en a
trouvé que deux assez ordinaires' : il mesure 0m,221 de hauteur et il est
ainsi beaucoup plus élevé que les autres spécimens de sculpture en ce

1. Flindcra Pétrie, The royal tombé of the /irai Dynatty, I, pl. XII, n°' 8 et 9.
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