Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

Seite: 399
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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 399

Je passe maintenant à un monument d'une importance capitale, dont
on a un assez grand nombre d'objets similaires, mais qui est unique et
par son contenu, et par son merveilleux état de conservation : c'est la
grande plaquette d'ivoire dont j'ai mentionné plus haut la découverte,
et qui est représentée agrandie au numéro 4 bis de la planche XV.
M. de Morgan et M. Pétrie ont découvert soit en même temps que moi,
soit après, des plaquettes d'ivoire similaires; mais elles sont toutes
fragmentaires. Ces plaquettes qui ont été publiées avant la mienne ont
joué un rôle assez important dans les ouvrages ou les mémoires ayant
paru à l'occasion des fouilles préhistoriques, pour que je donne à l'étude
de celle que je présente au public savant toute l'étendue qu'elle com-
porte.

Lorsque M. de Morgan eut découvert la première tablette de ce
genre, il en inséra une reproduction dans le tome second de ses Ori-
gines de l'Egypte, et ne chercha pas à l'expliquer. Ce ne fut que sept ou
huit mois après la découverte que M. Borchardt, ayant examiné cette
tablette, fut frappé de la présence, à la droite de la partie conservée,
du signe hiéroglyphique fait comme il était d'usage de le faire sous

l'Ancien Empire. Ce signe avait au dessus de lui les deux groupes j^J?

c'est-à-dire sans doute le roi de la Basse et de la Haute Egypte.
Ces cinq caractères étaient enfermés dans un autre signe représentant
une salle, comme on la fait d'ordinaire, mais sans support au milieu

p|« Sans autrement chercher à expliquer le sens de la plaquette, il en
conclut qu'il se trouvait en présence d'un nom royal, à savoir celui du
fondateur de la monarchie égyptienne Ménès. 11 fit part de sa décou-
verte à l'Académie des sciences de Berlin et sa communication fut in-
sérée dans les Comptes rendus de celte Académie. Presque au môme
moment, quoique un peu plus tard, M. Maspero écrivait dans la Revue
critique qu'il avait été conduit par l'examen de la tablette telle qu'elle
se trouvait reproduite dans l'ouvrage de M. de Morgan, à se faire une
opinion semblable à celle de M. Borchardt'. Dès lors la plupart des

1. M. Maspero a admis celte identification dans un article qui était consacré à l'examen
d'une de mes publications. Revue critique, année 1897, u° du 13 décembre, p. 440.

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