Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

égyptologues admirent que le tombeau royal de Neggadeh était celui
de Ménès. Cependant, il y avait un fait grave qui venait en quelque sorte
infirmer cette lecture et cette identification avec le roi Ménès, c'est que
j'avais rencontré dans mes fouilles de la première année le nom de
double de ce même roi, à savoir Aha, dans les objets qui sortirent de
ces fouilles. Comme M. Borcbardt, avec M. J.-J. Hess,^tait occupé à
photographier le monument au musée de Gizeh et qu'il m'affirmait être
certain de sa trouvaille, je lui fis part de cette circonstance qui ne l'ar-
rêta pas un seul instant et il publia ce qu'il croyait sa découverte, la-
quelle obtint un succès, mais un succès éphémère.

Depuis lors, M. Xaville a étudié le monument dans un article qui a
paru dans le Recueil de travaux relatifs à la philologie et à l archéolo -
gie égyptiennes et assyriennes1 au double point de vue du monument
lui-même et de la comparaison qu'on peut en faire avec d'autres monu-
ments plus rapprochés de nous, notamment de la Pierre de Païenne1.
Je suis bien loin d'être d'accord avec M. Naville sur tout ce que contient
cet article, mais je ne puis m'empècher de trouver que pour ce qui
regarde le nom de Ménès, il a complètement raison. Je rencontrai
M. Naville en mars 1898 à Louqsor; il me parla de l'opinion qu'il devait
l'année suivante mettre au jour et je lui dis alors que j'avais trouvé
une tablette également en ivoire, mais complète, et que celte tablette
confirmait amplement sa manière de voir. Il me demanda si je voulais
bien la lui montrer; je lui répondis que ce serait avec le plus grand
plaisir que je lui montrerais non seulement cette tablette, mais toutes
mes collections. J'échangeai avec lui deux lettres à ce sujet et je pris
deux rendez-vous auxquels il s'excusa de n'avoir pu se rendre, et nous en
sommes restés là. Son opinion aurait sans doute reçu un appui considé-
rable du fait dè cette tablette, mais telle qu'il l'a publiée, entourée des
considérations qu'il a crues propres à la soutenir, elle ne m'en parut pas

1. Cet article a paru en 1899; je ne peux indiquer la page, n'ayant sous la main que le
Tirage h part que M. Naville m'a aimablement envoyé.

2. E. Pellegrini, Nota sopra una iscrizione egizia del iluseo di Palermo, Païenne, 1895.
E. de Rougé connaissait cette pierre dès l'époque où il publia son mémoire sur les Mo-
numents qu'on peut attribuer aux six premières dynasties et il s'en sert p. 74 de ce mé-
moire et en plusieurs autres endroits.
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