Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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LES .NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 409

tous de ce clou primitif de l'écriture cunéiforme. Mais à quelle époque
eut lieu cette substitution? C'est ce qu'il n'est pas facile de dire, même
avec les données actuelles de la science. Quoi qu'il en soit, une chose
domine ce débat, c'est que le clou assyrien se trouve faire partie de mo-
numents décorés tels qu'on n'en avait encore jamais vu de semblables,
sans compter que le signe gravé sur la tablette numéro 7 dans la
planche XV renferme aussi un signe qui peut paraître d'origine assy-
rienne. 11 serait, je crois, difficile d'abaisser jusqu'à la conquête de
l'Egypte par Asarhaddon, en 672 environ avant J.-C , l'époque où les
objets dont je parle auraient été portés au tombeau d'Osiris en Abydos,
quoique le nom de Taharqa soit parmi les noms des rois venus honorer
Osiris à Om el-Ga'ab, que l'Egypte ait fourni un nombre assez important
de monuments et de documents de cette époque, mais jamais encore on
n'en a trouvé un seul qui ressemblât à ceux dont je parle. Et je prie le
lecteur d'observer que le système de décoration est un système très
archaïque, comme en général tous les décors des monuments ren-
contrés dans les fouilles de cette époque par MM. de Morgan, Quibell,
Pétrie et par moi-même. D'un autre côté, serait-il complètement im-
possible que l'artiste égyptien ait pu graver ce clou sur un monument
sans que pour cela il ait imité le clou de l'écriture assyrienne ? La chose
ne me parait pas complètement impossible; elle me parait même assez
vraisemblable. Les Egyptiens de cette époque reculée, avant et sous
la Ir0 dynastie connaissaient les clous et les chevilles rondes ou à tête
carrée, puisque j'ai trouvé les uns et les autres; comment alors n'au-
raient-ils pas pu les dessiner ou les graver sur un morceau d'ivoire sans
avoir besoin d'imiter les Assyriens ou les Chaldéens ? Je conclurai donc
que je regarde la décoration de ces lames d'ivoire comme très ancienne,
sans pouvoir dire au juste si elle doit être attribuée à l'époque qui a
suivi ou précédé Ménès; que si on voyait dans la présence de signes
qui semblent assyriens au premier abord un obstacle majeur à l'attri-
bution de ces monuments à une époque aussi reculée, je dirais que le
signe en question n'est pas plus propre à l'Assyrie qu'à l'Égypte, quoi-
que l'Assyrie l'ait accaparé à une certaine époque pour en taire le fon-
dement de son écriture cunéiforme et qu'avant d'attribuer aux Assyriens
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