Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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414 LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

43, etc.; aux secondes, les numéros 13, 15, 11!, 22, 55, 62, etc.; aux
troisièmes les deux numéros seulement 8 et 34.

Il n'y a rien de particulier à dire sur les pointes de flèches qui
rentrent dans la première catégorie, sinon qu'elles accusent un travail
parfois très soigné, parfois aussi négligé, mais assez rarement. D'ordi-
naire le bois qui rentrait dans la flèche n'était pas poli, comme on le
peut voir encore notamment aux numéros 4, 16, 17, G3, 66, etc. ; mais la
partie apparente de la pointe avait été polie avec beaucoup de soin.

De la seconde catégorie, je dirai simplement que c'est une pure hypo-
thèse de ma part que de les appeler des flèches empoisonnées. 11 y a en
effet parmi ces flèches deux sous-catégories distinctes : celles dont le
corps seul est coloré par endroits, comme le numéro 13 et peut-être aussi
le 16, où l'on ne voit qu'un cercle de couleur rouge ; et celles dont la
pointe proprement dite est colorée en rouge, ce qui n'empêche aucune-
ment l'existence de un, de deux ou de trois cercles; ainsi les numéros
55 et 62. Je me suis demandé ce que signihait cette coloration, surtout
de la pointe, et l'idée m'est venue qu'elle pouvait signifier ou un em-
poisonnement de l'arme, ou une imitation de cet empoisonnement si
fréquent encore en Afrique grâce à une de ces substances vénéneuses
que ce pays possède en si grand nombre et dont les naturels africains
se servent toujours. J'ai pensé à faire analyser chimiquement celte sub-
stance ; mais on m'a fait observer que l'analyse ne donnerait rien à cause
de sa trop grande antiquité : comme je ne puis prétendre aucunement à
être un chimiste je me le suis tenu pour dit.

A la troisième catégorie appartiennent le numéro 34 et le numéro 8.
Le numéro 34 est remarquable parce que sur le corps est gravé le carac-
tère X. Le numéro 8 est remarquable de son côté par sa facture par-
ticulière très soignée et qui en fait une très belle pièce. La pointe en
effet est barbelée de quatre barbes qui en font une arme cruelle; de
plus elle a l'extrémité, barbes comprises, teinte en rouge. C'est le
seul exemple qui existe de pointes de flèches en ivoire qui soient barbe-
lées. Si on L'a faite ainsi, c'est à l'imitation d'armes existantes, et s'il en
ressort que déjà l'homme était cruel à l'homme, j'imagine que cela ne
surprendra personne.
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