Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 425

'sant sur la présence du signe |, estimant que des essais semblables sont
prématurés pour ceux qui ne veulent pas mettre des points d'interro-
gation après tous les mots et qu'une comparaison ne peut aucunement
servir de base solide à l'affirmation d'une époque certaine.

11 me reste encore un autre document à faire connaître qui est d'une
importance capitale pour l'histoire de cette époque : c'est un planchette
de bois représentée à la planche XXXVII. Lorsque cette planchette sortit
de terre encore toute couverte de sable, je la ramassai et ne vis absolu-
ment rien d'extraordinaire ; je la prenais pour un simple morceau de
bois ayant servi à un usage que je ne me demandai pas alors. Le soir,
quand je cataloguai au propre les objets fournis par les fouilles et les
étiquetai en mettant le numéro du tombeau où ils avaient été trouvés
et le quantième du mois de la trouvaille, je m'aperçus qu'elle était cou-
verte de graisse et je vis quelques points noirs qui décelaient une ins-
cription. Comme je ne pouvais avoir à Abydos ce qu'il m'aurait fallu
pour m'apprendre si réellement il y avait une inscription, je remis à
plus tard le soin de m'en assurer. Quand je fus arrivé à Paris, j'allai au
laboratoire de chimie organique de la Faculté des sciences où je croyais
rencontrer encore M. Friedel, mais la mort l'avait enlevé pendant les
vacances de Pâques. Je trouvai son chargé de cours qui m'offrit de
faire toutes les analyses utiles, et en particulier de faire disparaître la
graisse qui couvrait une bonne moitié de la tablette. J'acceptai : il s'y
prit graduellement pour ne pas courir le risque de voir la tablette
s'émietter dans ses mains, et finalement fit usage d'éther. Je vis alors
l'inscription apparaître peu à peu, et non pas une seule inscription,
mais deux inscriptions dont la première à l'encre rouge et la seconde à
l'encre noire. Ces deux inscriptions avaient été superposées l'une à
l'autre, la première tracée étant celle à l'encre rouge. La preuve qu'il en
fut ainsi c'est qu'en bien des endroits l'inscription à l'encre rouge n'est
plus visible, parce qu'elle a été recouverte par celle à l'encre noire. Il
s'agissait ensuite de la faire photographier de manière à rendre les
deux inscriptions visibles : une première démarche ayant échoué, je
m'adressai à un modeste, mais savant photographe de Montmartre,
M. Forestier, qui, je le savais, avait beaucoup étudié la photographie
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