Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 137

avec bord recourbé vers le dedans : c'est tout ce que j'en puis dire, car
malheureusement les fragments ne permettent pas d'assurer autre
chose. Il en est tout autrement des trois autres fragments. Deux de ces
derniers devaient appartenir à des vases assez hauts, ayant un rebord
à l'ouverture centrale, comme les vases à vin en marbre blanc veiné de
bleu qui ont été trouvés dans le tombeau de la seconde année. L'un
d'eux possède encore un fragment de col qui a été bien conservé : ce
col a un rebord qui recouvre une partie du vase en dessous, et ce rebord
était séparé de la panse par une distance d'environ 0m,004. Au contraire,
un autre qui a un col avec rebord beaucoup plus large que le précé-
dent, rabat son col sur la panse du vase de telle sorte qu'il la touche
presque et que l'évidement du dessous a été réduit à sa plus simple ex-
pression, mais existe cependant en réalité et a été poli. Quand on con-
sidère maintenant quelle force et quel tranchant devait avoir l'outil
dont on se servit, on demeure confondu devant l'audace de l'ouvrier,
devant la perfection relative à une époque dont la civilisation était si
jeune, par rapport à notre civilisation contemporaine. Un autre frag-
ment qui a été trouvé dans le tombeau de Pcrabsen présente encore, si
possible, un travail plus curieux. L'objet dans son entier avait la forme
d'un bracelet, mais d'un bracelet énorme, puisque la circonférence
extérieure mesurait 0m,50. La circonférence intérieure devait être assez
régulière, si l'on en juge par ce qui en reste. Ce bracelet avait une
épaisseur de 0"',023. Près du bord extérieur, on avait réussi à faire une
petite moulure qui se voit encore très bien sur la photographie. Après
cette moulure, l'épaisseur du bracelet s'incurvait pour se relever ensuite
à mesure qu'elle approchait du bord opposé, et le tout est lait avec un
réel sentiment des proportions, de la beauté des lignes courbes ainsi
travaillées. Sur l'épaisseur du col ou du bord, comme on voudra, à
1 avant, on remarque des taches noires qui pourraient être les restes
d'une inscription tracée à l'encre noire; moi-même, j'avais cru me trou-
ver d'abord en présence d'une inscription, mais après mûre considéra-
tion et après deux ou trois expériences faites à l'effet de savoir si ce
fragment me donnait, ou non, une inscription, j'ai été persuadé qu'il
n'y en avait pas.
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