Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

Seite: 438
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438 LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

Outre les cinq fragments dont il vient d'être question et qui ont un
aspect noir par suite des incendies multiples dont le tombeau d'Osiris
a été le théâtre, j'ai trouvé une très grande quantité d'autres frag-
ments semblables, tous misérablement brisés, portant encore pour la
plupart la trace du choc et de l'instrument qui les mirent en pièces : s i
je ne les ai pas fait reproduire dans cette partie de mon ouvrage, c'est
que leur reproduction n'aurait été d'aucun avantage. Non seulement
ces fragments étaient de grande taille, mais ils avaient une épaisseur
étonnante, plus forte encore que celle de ceux qui viennent de passer
sous les yeux du lecteur. J'en fais cependant ici mention pour rendre
mon compte-rendu aussi complet qu'il doit l'être.

Entre les fragments qui précèdent et les objets complets ou fragmen-
taires qui vont passer devant mes lecteurs, il y a encore une différence
étonnante. Si les ouvriers qui firent les premiers étaient habiles, très
habiles, ceux qui firent les fers de lances et les pointes de flèches dont
il s'agit, et qui sont représentés planche XVII, numéros 1-19, étaient
des artistes consommés. Des trois fers de lances représentés aux numé-
ros 1, 2 et 3, les deux derniers sont de trop petits fragments pour rete-
nir l'attention, quand on se trouve devant un fer de lance qui, quoique
fragmentaire, mesure cependant 0m,0805. On pourrait même penser en
voyant combien ces fers de lance étaient larges à leur extrémité, que
nous nous trouvons en présence, non de fers de lances véritables, mais
de lames de couteaux imitées des lames de couteaux en silex. Quand on
examine de plus près en effet la manière dont ces lames en cristal de
roche ont été taillées, on est tout surpris qu'au lieu d'avoir été polies,
elles ont l'air d'avoir été éclatées, et que les éclats les rendent comme
taillées à facettes, car elles divisent le spectre solaire, absolument
comme les objets prismatiques. Et cependant je ne crois pas qu'il soit
possible d'obtenir ces éclats dans le cristal comme dans le silex où l'é-
clat ne laisse aucune trace, tandis que dans les lames qui m'occupent
les traces sont trop visibles. Il me semble donc qu'on a voulu seulement
imiter le silex, en tant qu'on pouvait l'imiter avec du cristal de roche.
J'en trouve la preuve encore dans les seize pointes de flèches rangées
au dessus du fer de lance. On aura vu plus haut, au chapitre des silex
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