Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 453

un examen attentif que l'on arrivait à découvrir la composition de cette
coiffure ; il en est d'autres qui divisent leur toison par touffes dont le
bord est entouré d'une natte, ou bien qui la laissent retomber sur
leurs épaules, après en avoir fait une masse de petites cordes à la façon
des Égyptiens d'autrefois, système qui, avec le genre de figure de cer-
tains Balondas, me rappelait d'une manière frappante les anciennes
peintures égyptiennes que l'on voit au musée de la Grande-Bretagne* ».

Ces deux citations, avec une troisième que je ferai plus tard, montrent
bien que l'art de se tresser ou môme de se tisser les cheveux n'est pas
inconnu dans l'intérieur de l'Afrique australe, et sans doute dans l'in-
térieur de l'Afrique centrale2. Le lecteur comprendra de lui-même que
ces coiffures si compliquées ne pouvaient être faites que sur la tête des
personnes vivantes qui avaient une assez belle toison pour le permettre :
mais en est-il de même des coiffures égyptiennes anciennes, je veux
dire celles que j'ai trouvées en si grand nombre dans les tombes
d'Abydos? le cheveu détaché de la tète de son propriétaire n'aurait-il
plus eu assez de fixité pour se prêter aux caprices de l'artiste qui tenta
d'en faire un chef-d'œuvre, à moins de le coller? Les pièces qui passe-
ront bientôt sous les yeux du lecteur montreront ce qui en est : on a
dû soit les natter du vivant de la personne qui les portait, soit en faire
les ouvrages compliqués que dénotent certains des monuments rencon-
trés, soit enfin tisser véritablement les cheveux, comme nous le ver-
rons. Par conséquent ces nattes et ces ouvrages en cheveux ont dù être
coupés et détachés sur la tète île leurs propriétaires avant d'être portés
comme des objets votifs dans les tombes où ils ont été rencontrés.

Ces observations me suffiront pour le moment et je reviens à l'état
dans lequel je trouvai ces mèches et ces ouvrages en cheveux. Toutes
les chevelures, de quelque forme qu'elles fussent, étaient dans le plus
triste état, pleines de sable, comprimées de façon à ne plus conserver

1. D. Livingslone : Travel.s and researches in South Africa. Philadelpliia, p. 296.

2. Depuis que ce» mots ont été écrits, mes études m'ont conduit ù lire une grande
quantité d ouvrages relatant des voyages au centre de l'Afrique; dans tous, j'ai rencontré
des preuves que l'on traitait de même la chevelure non seulement des femmes, mais aussi
des hommes. J'étudierai tout au long, je l'espère, cette curieuse coutume dans un ou-
vrage postérieur sur l'origine de la civilisation égyptienne.
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