Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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454 LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

de leur première forme que l'apparence; il fallait de toute nécessité la
faire nettoyer avec assez d'habileté pour enlever le sable, leur donner
leur souplesse première et les fixer de manière à ce que nul change-
ment ne pût s'opérer en elles. Je fis faire ces multiples opérations par
une des maisons les plus renommées de Paris pour ses ouvrages en
cheveux : la chose fut faite à souhait et je recueillis de ces personnes
compétentes que les artistes capillaires de nos jours ne feraient pas
mieux, si même ils pouvaient arriver à faire aussi bien. Cette constata-
tion n'était pas faite pour me déplaire; mais les gens qui me la firent
n'étaient peut-être pas versés dans les mystères de la toilette des femmes
de l'Afrique, comme Serpa Pinto et Livingstone, et ce qui nous paraît
un chef-d'œuvre extraordinaire ne paraîtrait sans doute qu'un travail
bien ordinaire pour les tribus sauvages du centre de l'Afrique ou de
l'Afrique australe.

Les deux premières des trois planches consacrées aux ouvrages en
cheveux ne renferment que les représentations d'offrandes vulgaires.
La première de ces deux planches ne renferme aucune chevelure d'ar-
rangement artistique : les plus grosses nattes sont faites d'une manière
qui, même à l'époque à laquelle elles furent faites, si l'on en juge par
celles de la troisième planche, ne peut (jue paraître très ordinaire.
Seules, les nattes au bas de la planche, celles de droite encore plus que
celles de gauche, peuvent faire présager ce que l'on pouvait rencontrer
chez des gens riches, car on peut encore voir d'après la disposition des
mèches, leur peu de cohérence, leur état isolé, que ceux qui les offrirent
n'apportèrent pas, tant s'en faut, toute l'attention qu'on trouve dans les
offrandes similaires. Cependant l'équité veut qu'on tienne compte de
l'état délabré dans lequel elles ont été trouvées.

La seconde planche vient encore renforcer cette première impression
et montrer avec évidence que toutes les femmes jeunes et vieilles, pou-
vaient apporter une offrande qui était dans les moyens de toutes. On a
pu voir d'après la planche précédente et d'après celle-ci que presque
toutes les chevelures sont de couleur châtain clair. On pourrait même
jusqu'à un certain point en trouver de blondes; mais je sais pour l'avoir
entendu dire à M. Schweinfuhrt, que les chevelures les plus noires
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