Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 455

pouvaient devenir châtain clair et même blondes, par suite d'un long
séjour dans le sable. Si l'on veut se donner la peine d'examiner la cou-
leur des cheveux du fellah, on a bien vite fait de voir que quatre-vingt-
quinze sur cent sont noirs, le reste est châtain et l'on trouve quelques
rares types de blonds, mais il est facile de voir que les blonds sont ad-
ventices en Egypte. On peut donc conclure avec assez d'exactitude que
les Egyptiens de la première époque avaient la même couleur de che-
veux que leurs descendants actuels. Aussi en face de ces chevelures qui
n'ont pas été soignées, qui décroissent de ton progressivement jus-
qu'au blanc-verdâtre, en passant par des tons encore moins prononcés,
on peut dire que tous les âges sont représentés dans les offrandes de
chevelures. Et cependant ce n'avait pas été sans précaution qu'on avait
placé ces cheveux dans les tombes; au bas de la planche sont représen-
tées les toiles assez et très grossières dans lesquelles on avait pris soin
de les enrouler. Quelques-unes de ces toiles sont tellement lâches
qu'il est excessivement facile de séparer la trame des fils qui l'ont re-
liée. On peut distinguer dans les morceaux de toile représentés en cette
planche trois sortes d'étoffe : une très grossière qui est à l'extrémité
droite de la planche en bas, une autre beaucoup moins grossière et qui
est assez bien conservée en dessus de la précédente et, un peu en des-
sous de la partie gauche de celle-ci, une troisième plus fine en bas et
au milieu de la planche. A la vérité, ces toiles ne se recommandent
point par leur beauté, mais c'est là précisément le point intéressant à
constater. J'ai rencontré dans les tombeaux situés au sud de celui d'O-
siris des toiles en très grande quantité et de très belle qualité : à la
môme époque, il y avait donc des toiles riches et des toiles pauvres. Si
l'on a choisi ces dernières pour envelopper les offrandes de cheveux,
il est bien vraisemblable que c'était par raison de pauvreté relative, par
conséquent que les cheveux étaient des offrandes offertes par des gens
relativement pauvres : c'est ce que je voulais prouver. Il en est tout
autrement des chevelures tressées ou môme tissées que représente la
planche XIII. .Nous y voyons tout d'abord des tresses plus ou moins
grandes, des nattes plus ou moins fines, en tout cas plus artistiques que
dans les deux planches précédentes, à la partie droite du milieu et aux

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