Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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472 LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

apporté cette régularité, qu'elles auraient été construites d'après un
plan tracé d'avance, qu'on se serait arrêté au moment où l'ensemble pro-
jeté aurait été atteint, quand l'édifice aurait été complet dans toutes ses
parties? N'y aurait-il pas de l'irrégularité, de la diversité, soit dans la
forme, soit dans la construction de ces tombes' ? » Et M. Naville conclut
que les monuments royaux qu'on a pris pour des tombes sont des édi-
fices où l'on rendait le culte au double'.

Je ne sais si M. Naville a englobé dans les paroles que je viens de
citer toutes les tombes qui existaient dans la nécropole d'Om el-Ga'ab
ou s'il n'a voulu que parler des tombes royales, mais il me semble bien
qu'il n'ajoute pas une entière confiance à mes dires quand j'ai parlé des
squelettes rencontrés dans ces tombes. Je puis cependant bien lui cer-
tifier que si j'ai parlé de squelettes que j'avais rencontrés, c'est que je
les avais effectivement rencontrés. Si je ne les ai pas tous recueillis,
c'est que la plupart d'entre eux étaient dans un état inutilisable pour la
science, ne consistant qu'en ossements dépareillés, brisés, éparpillés
un peu partout au fond des tombes, en dehors des cercueils qui les con-
tenaient : je ne crois pas qu'il y ait eu plus d'un dixième des tombes
où les squelettes ne se trouvèrent pas. J'ai recueilli tous ceux qui se
présentaient à moi dans leur entier. J'en ai laissé je ne sais plus com-
bien de caisses au musée de Gizeh, huit ou neuf à ce que je crois, et il
y en avait trois ou quatre par caisse, bien séparés les uns des autres :
j'en ai apporté à peu près le môme nombre à Paris. Je crois que primi-
tivement ils étaient tous renfermés dans un cercueil en bois deconifère,
sans doute de cèdre, car dans cette troisième année presque chaque
tombe renfermait un cercueil. On trouvera à la planche XXVIII de ce
volume une preuve palpable qu'il y avait bien des squelettes clans les
tombes que j'ai explorées. Si M. Pétrie n'en a pas trouvé, c'est que je
les avais enlevés; c'est qu'il n'a fouillé que la surface pour trouver ce
que mes ouvriers avaient laissé échapper dans la hâte du travail. Il n'a
pas que je sache trouvé de tombes intactes, parce qu'il n'y en avait pas
une seule, les Coptes ayant pris soin de les visiter et de les ravager au

1. E. Naville : Les plus anciens monuments égyptiens, tir. à part, p. I.

2. Id., p. 3 et 4.
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