Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

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attirée sur ce fait qui se serait renouvelé à l'occasion de chaque enterre-
ment, ou assez souvent ; mais le cas a été bien loin d'être celui que j'ima-
gine : tantôt c'était un ossement, tantôt l'autre qui avait été jeté hors du
du cercueil, quand ce n'était pas la moitié du squelette, sinon le sque-
lette tout entier, ce qui est arrivé parfois.

On pourrait peut-être penser que j'ai rencontré des squelettes à l'état
dispersé, comme on l'a dit. M. Pétrie affirme en avoir rencontré à Neg-
gadeh et en a tiré les conclusions les plus curieuses et les plus impré-
vues'. Je n'ai pas à examiner s'il n'a pas été induit en erreur par son
esprit aventureux et amoureux du bruit, c'est son affaire; mais je dois
dire que jamais je n'ai rencontré dans mes fouilles d'Om el-Ga'al) de
squelettes à l'état dispersé. On aurait pu croire peut-être que c'était
cependant là la disposition du squelette dont j'ai trouvé les ossements
au tombeau de Set et de Horus ou de Khasekhemoui, pour lui donner un
autre nom, dans la chambre dernière du couloir à l'est de la grande salle
construite en pierre et destinée à recevoir les squelettes des deux illustres
morts; mais l'on ne doit pas prendre un squelette sans prendre en même
temps le second, et je n'imagine pas que l'architecte qui fit construire ce
grand et magnifique tombeau, ait voulu qu'on plaçât le second squelette,
mutilé d'une jambe et d'une cuisse, sous un mur qu'il aurait pris soin de
démolir aussitôt que construit. Ce n'est pas ainsi que les hommes agissent
d'habitude quand ils veulent rendre les suprêmes honneurs à ceux de
leurs semblables qui les ont précédés et dans la vie et dans la mort;
mais c'est bien ainsi que font les spoliateurs et les sacrilèges. On ne
saurait donc arguer, pour infirmer ma manière de voir, d'un cas parti-
culier dont il me semble rendre un compte suffisant.

Je prie mon lecteur d'observer que je suis bien loin de nier que
M. Pétrie ait découvert des squelettes à l'état dispersé, que certains des
ossements de ces squelettes aient été placés dans une place particulière,
suivant le degré d'honneur dans lequel on les tenait; que certains de
ces ossements portassent encore des traces de raclage provenant de l'a-
vidité avec laquelle on les avait dépouillés de la chair qui les recouvrait

1 . \V. Klinders Pétrie : tiaqaiâ and Huilas, p. 14-16; 17-22; etc.; 60-62.
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