Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

Seite: 476
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amelineau1905bd3_2/0127
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
facsimile
476 LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

pour s'en nourrir1 ; je ne nie rien, je disseulement que je n'ai rien rencon-
tré de semblable à Om el-Ga'ab. Et cependant c'eût été le cas ou jamais :
si les anciens babitants de l'Egypte avaient eu la coutume de faire des
festins anthropophagiques afin de se rendre possesseurs des qualités
du défunt en se nourrissant de sa chair, jamais sans doute ils n'eussent
trouvé meilleure occasion qu'en dévorant les chairs des rois enterrés
à Om el-Ga'ab. Mais une telle coutume est complètement opposée à ce
que nous savons des habitudes égyptiennes à l'époque historique,
même la plus lointaine, et, pour l'époque dont je parle, le seul fait que la
plupart des squelettes se trouvaient encore enfermés en partie dans les
cercueils où on les avait placés, suffit pour montrer que le repas anthro-
pophagique, s'il s'est jamais pratiqué en Egypte, ne se pratiquait pas à
Abydos à l'époque préhistorique à laquelle ces rois vivaient. Il suffit
d'observer que les survivants n'auraient pu se nourrir de la chair des
défunts sans la faire cuire, ou tout au moins sans la découper : or les
squelettes qui étaient complets étaient encore adhérents, sans aucune
attache pour relier entre eux des ossements qui eussent été préalable-
ment détachés. Dès ma seconde campagne de fouilles j'avais emporté de
ma maison d'Abydos l'ouvrage de M. Pétrie sur ses fouilles de .Xeggadeh
et j'avais été frappé de ce qu'il disait sur les os grattés et regrattés, sur
la particularité du repas anthropophagie]ue, et j'ai recherché sur les
ossements que je trouvais dispersés, si je ne rencontrerais pas des traces
analogues à celles que M. Pétrie dit avoir rencontrées à Neggadeh :
jamais je n'ai rien trouvé de semblable. Je dis donc que le fait signalé
par M. Pétrie ne s'est pas rencontré dans la nécropole d'Abydos, et je me
contenterai de faire observer que la coutume du repas anthropophagique
accuse un état de barbarie, comme nous l'appelons, qui devait avoir été
de longtemps dépassé par les hommes qui s'établirent dans la vallée
du Nil.

Maintenant si le lecteur veut savoir dans quelle position étaient les
squelettes rencontrés à Om el-Ga'ab, je lui dirai qu'ils avaient tous la
position dite contractée, position qui rappelle celle que le fœtus occupe
dans le sein de sa mère. Cette position était toujours la même quand

1. lbid., p. 19 et 32.
loading ...