Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

Seite: 477
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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 477

le squelette était entier ou presque entier, soit à l'est, soit au nord, soit
à l'ouest, soit même au sud du tombeau central, ou tombeau d'Osiris.

A celte première question s'en ajoute une seconde : les squelettes
étaient-ils enveloppés d'étoffe, de toile ou d'autres choses semblables?
Je dois répondre ici catégoriquement que, bien qu'ayant rencontré des
toiles de lin ou de colon dans les tombes de l'est, du nord et de l'ouest,
notamment pour envelopper les mèches ou nattes de cheveux, je n'en
ai jamais rencontré servant à envelopper ou à protéger les squelettes
qui avaient été déposés dans les tombes de ces trois côtés. J'ai rencontré
encore assez souvent, surtout dans les tombes disposées au côté nord,
des restes des toisons qui avaient été déposées dans le tombeau avec le
squelette. Cette toison était-elle de la laine véritable de mouton, la
laine du mouflon à manchettes ou celle d'un autre animal similaire? Je
n'en sais absolument rien. Mais si je suis complètement incapable de
résoudre cette question, je crus me rappeller cependant, dès que j'eus
entre les mains ces échantillons de laine qui m'arrivaient d'une époque
si lointaine, que Mariette avait rencontré à Saqqarah des tombeaux où le
squelette avait été enveloppé dans de la laine1, et je savais en outre que
dans la première trouvaille de Deir el-Bahary» était le squelette d'un
prince mis en cercueil dans la laine. Je crois que les squelettes de Saq-
qarah qui doivent dater d'une époque très éloignée, peuvent appartenir
au môme mode d'ensevelissement que les momies ordinaires, quoique
l'on ne les ait pas enveloppés des bandelettes qui furent d'usage dans
la suite, car Mariette laisse supposer qu'ils avaient été soumis aux
opérations ordinaires de la momification, sinon de l'embandelettement,
bien que son attention n'ait peut-être pas été suffisamment attirée sur
ce point. Quant à la momie de Deir el-Bahary, il est bien certain qu'elle
était en complète contradiction avec les procédés ordinaires de la
momification, mais il pourrait se faire que nous nous trouvions en pré-
sence d'un retour aux usages antiques, retour conscient ou inconscient.

1, C'était à tort, car il n'est question dans son ouvrage que de ce qu'il appelle momies
sans linge.

2. Maspero : Les momies royales de Deir el-Iiubari dans I Mémoires publiés par les
membres de la Mission permanente du Caire, I, f. IV, p. 548.
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