Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 179

mais co ne serait point là l'état dans lequel ont été trouvés les brace-
lets : ces bracelets étaient intacts et ce n'est qu'en soulevant l'étoffe,
alors qu'il était impossible de savoir qu'elle renfermait des bracelets
d'ivoire, que ces bracelets se sont divisés par suite de la calcination et
sont apparus fragmentés.

C'est là tout ce que j'ai à dire de ce second état qui me semble le
commencement de la momification et que j'attribue à Anubis qui a
toujours été regardé comme le dieu présidant aux diverses pbases de
la momification. Ce serait tout, si je ne devais revenir sur le premier
mode d'enterrement que j'attribue, par hypothèse, à Ilorus. Les sque
lettes placés à l'état contracté dans des cercueils en bois de cèdre ou de
quelque autre conifère, y avaient-ils été placés à l'état de squelette, ou
bien recouverts encore de leurs chairs?Si la dernière hypothèse était la
vraie, il me semble que j'aurais trouvé dans les cercueils certaines
preuves, certains indices tout au moins, qu'il en avait été ainsi. Je
n'insiste pas sur la nature de ces indices, tout le monde devant me
comprendre. Mais ces traces ne se sont jamais rencontrées. De même, il
me semble que certains ligaments auraient laissé des traces, puisque
les peaux d'animaux en ont bien laissé dans les mômes circonstances.
Et cependant je n'en ai jamais observé. Les squelettes étaient disposés
dans leur cercueil commme si l'on venait de les y mettre, quand les
spoliateurs n'avaient pas fait porter leur rage sur ces derniers restes
d'hommes qui avaient jadis vécu sur la terre qu'ils occupaient : le sable
était entré dans le cercueil, avait rempli les vides, et l'on y trouvait
avec les os du squelette quelques vases, souvent des étoffes et quel-
quefois de la laine, des restes de peau d'animal, etc. Malgré le sable,
quand le couvercle du cercueil avait été pourri, on voyait encore dis-
tinctement sur les murs auxquels il touchait, des traces indubitables de
la hauteur, de la largeur ou de la longeur de la caisse : je ne vois pas
pourquoi le cadavre, s'il s'était putréfié à l'intérieur du cercueil, n'au-
rait pas laissé de semblables traces. Or, je le répète, je n'ai jamais eu
lieu d'en observer le moindre vestige, q uoique j'aie pu examiner de très
près de 60 à 80 cercueils. Quelle en est la raison?

Cette raison, je la trouverais dans ce fait que les Egyptiens, comme

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