Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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510 LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

consacrèrent à mes découvertes. Ce dernier ne craignit pas de men-
tionner le nom illustre de Schliemann en parlant de ce cpii m'était arrivé
à la suite de la séance de Y Académie des Inscriptions et Belles-Lettres,
et je ne saurais trop le remercier de sa bienveillance. Dans un article
qu'il publia plus tard dans les Proceedings de la Société d'Archéologie
biblique* en Angleterre il reconnut de môme l'importance plus qu'or-
dinaire de mes travaux et de mes découvertes.

Jusque là, je n'avais qu'à me louer du ton avec lequel on avait parlé
de mes travaux; mais tout d'un coup parut un article dans la Revue
française d'Anthropologie où l'on m'accusa de n'avoir pas su tirer parti
de mes fouilles et d'avoir eu pour mobile des préoccupations qui
n'avaient rien à faire avec la science. L'article était signé von Bissing.
M. de Bissing avait sans doute cru que son article en paraissant dans
une revue française acquerrait un prix qu'il n'aurait sans doute pas eu
en Allemagne et sans nul doute il avait compté sur l'ironie cruelle qu'il
y avait d'attaquer deux auteurs français, M. de Morgan et moi, dans
une revue française. La rédaction de la Revue anthropologique lui donna
l'bospitalité en faisant observer qu'elle ne prenait pas à sa charge les
attaques dirigées contre M. de Morgan ; quant à moi, comme j'étais un
auteur trop peu considérable, il ne fut pas question de mes opinions
et on passa sans doute condamnation sur elles. M. de Bissing m'exé-
cutait dans une seule phrase; il déclarait péremptoirement que mes
fouilles avaient été complètement perdues pour la science*. Le juge-
ment était net et précis. Mais il ne valait qu'autant que l'auteur était
apte à juger et de bonne foi. Sur son aptitude, je ne dirai autre chose
si ce n'est qu'il se révélait tout à coup comme s'adonnant à l'étude
d'une époque venant à peine d'être connue, et cela avec un ton de cer-
titude qui aurait surpris dans un vétéran de la science égyptologique.
Ouant à sa bonne foi, on va pouvoir en juger. J'avais connu M. de Bis-
sing au Caire où il était employé à rédiger le Catalogue du musée de
Gizeh en compagnie d'autres jeunes érudits ; la seconde année de mes

1. Proceedings of the Society of BiUîeal Archxology, avril 1898.

2. Revue Anthropologique, octobre 1897.
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