Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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LES .NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 513

complètement innocent. Au bout d'un certain temps, M Loret me
répondit par une lettre assez amphigourique dans laquelle il insistait
sur le peu de créance que méritent les rapports venus d'Egypte, sur le
peu de confiance qu'il faut accorder même aux pièces officielles, comme
le procès-verbal des séances du Comité d'Archéologie, car rien n'est
plus facile et plus usité en Egypte que d'échanger un procès-verbal,
même quand il a été adopté, c'est-à-dire de faire un faux. La question
de principe ainsi réglée, il en vient à la question de fait qu'il ne se rap-
pelle pas : il ne sait pas comment la chose fut portée devant le Comité
d'Archéologie, s'il a réellement présidé la séance, mais il va écrire à
M. Daressy qui était le secrétaire du Comité et dès qu'il aura sa réponse
il m'écrira franchement ce qu'il y a de vrai ou de faux dans ce qu'on m'a
dit.

Après m'avoir écrit cette lettre qui sans doute lui coûta beaucoup,
M. Loret crut avoir assez fait pour sa conscience, il se garda bien d'écrire
à M. Daressy et se rendormit dans sa petite quiétude. Cependant j'at-
tendais toujours sa réponse, je l'attendis jusqu'au mois de septembre
et, voyant qu'elle n'arrivait pas, je pris le parti d aller la chercher à
Bois-Colombes où habitait alors M. Loret. Je lui reposai de nouveau ma
question et lui demandai s'il avait écrit a M. Daressy. Sur le premier
point, il me dit n'être pas plus avancé que lors de ma lettre; quant au
second, il avait été sur le point d'envoyer la lettre, lorsqu'il s'était rap-
pelé tout à coup que M. Daressy allait revenir de France, que rien ne
serait plus aisé que de lui demander alors si l'on avait fait un procès-
verbal de la séance dans laquelle on m'avait enlevé indûment ma con-
cession. Depuis, il n'avait pas encore vu M. Daressy, il ne savait même
pas s'il le verrait, mais en tout cas il écrirait au Caire. Ces réponses de
M. Loret me suffirent, je ne lui en demandai pas plus, car j'étais fixé.
Avant de nous séparer, il me demanda de lui donner les deux volumes
qui venaient de paraître sur mes fouilles. Je les lui promis et je les lui ai
fait tenir, ne me doutant aucunement de ce qu'il voulait en faire, et
peut-être lui-même ne s'en doutait-il pas.

Lorsqu'il eut fait imprimer son article, il me l'envoya en me priant de
le lire et de le lui retourner avec les observations que je croirais devoir
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