Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 531

des tombes. La butte serait ainsi tout entière artificielle, et semblerait
formée de tombes qui se sont successivement empilées les unes sur les
autres.

« Une autre particularité est à noter. La butte a pour limite à
l'ouest le mur môme de la grande enceinte. Or c'est au pied et à l'ex-
térieur de ce mur que se trouvent précisément les plus nombreuses et
les plus soignées des tombes qui touchent par leurs chapelles posté-
rieures à l'enceinte. La butte de Kom es-Soultân semblerait donc, à la
rigueur, être passée par dessus le mur qui la sépare de la nécropole,
et avoir éparpillé ses tombes au dehors.

« Que ces vues soient ou ne soient pas justes, elles ont eu sur la di-
rection qu'ont prise les fouilles une influence décisive. Longtemps, en
effet, j'ai cru : 1" Que Kom es-Soultân était une nécropole réservée où
d'âge en âge, les « gens riches » du Pseudo-Plutarque venaient entasser
successivement leurs tombes; 2° que les « gens riches » choisissaient
Kom es-Soultân parce que, sous la butte et dans ses (lancs, se trouvait
la tombe d'Osiris. Les habitants de l'Egypte, qui venaient de toutes
parts se faire enterrer à Abydos, dormaient ainsi leur dernier sommeil
près de la momie du dieu protecteur des morts ».

Mariette entre ensuite dans les détails de la fouille dont les résultats
n'ont malheureusement pas été toujours en rapport avec les efforts dé-
pensés. 11 établit qu' « à la rigueur Kom es-Soultàn n'est pas une
butte ». Il montre que c'était plutôt « une sorte de fossé profond, irré-
gulier, maçonné en briques crues sur ses quatre côtés », que « c'est ce
fossé qu'on a utilisé et comblé peu à peu1.

Ces passages suffiront à montrer que Mariette n'a jamais considéré
Kom es-Soultàn comme l'escalier du dieu grand, pour la bonne raison
qu'il n'y avait pas d'escalier, au propre, et qu'on ne peut pas considérer
comme un escalier au figuré une butte qui n'était pas même à considé-
rer comme une butte, d'abord parce qu'elle avait été violée, ravagée et
spoliée, ensuite parce que la destination du couloir ou fossé était tout
autre. Par conséquent, je ne vois pas comment M. Maspero serait auto-

l, Mariette, Abydos, tom. Il, p. 30-82.
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