Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

dès qu'on lui a eu commandé : « Prends garde, lion, sors », Ounas est
sorti de la jarre où il était couché, car Ounas a ses apparitions demain
matin1; il est sorti de sa jarre où il était couché, car Ounas a ses appari-
tions demain matin. » Je ne veux pas dire que la momie d'Ounas repo
sait dans une jarre, mais seulement qu'avant Ounas, longtemps peut-
être avant lui, on avait l'habitude d'enfermer les corps dans une jarre,
comme on le fait en Afrique et comme on l'a fait en d'autres pays dans
une cyste ainsi qu'on nomme la jarre destinée à cet office, comme on
l'avait fait à El-'Amrah pour la gazelle que j'ai trouvée enterrée dans
une tombe*. Est-ce qu'il y avait inconvenance à agir de la sorte? L'in-
convenance est quelque chose de tout à fait relatif: elle dépend des
habitudes. Si donc on déposait les corps dans des jarres ou cystes,
comment aurait-on placé ces jarres, sinon sur le sol du tombeau ? et
de même la tête d'Osiris, si vénérable fût-elle, même dans sa chasse ou
sarcophage, ne pouvait être placée autrement que les cercueils ordi-
naires. C'est à quoi je voulais arriver.

Je pense avoir répondu aux objections moqueuses de M. Loret assez
abondamment. Je ne m'arrêterai pas aux points secondaires auxquels
j'ai déjà répondu dans le Sphinx*. M. Loret a dit et redit à ses lecteurs
que je faisais des pétitions de principe, que mes raisonnements ne
tenaient pas debout, que j'avais parlé des pièces de jeu d'échecs, des
étoffes, des cheveux et des squelettes de nains comme de conditions

1, Recueil de mon. relatifs à la lang. et h l'arch. ég. et assyr., IV, p. 65, 1. 546-548.
Cette traduction diffère légèrement de celle donnée par M. Maspero : Je vois un parallé-
lisme dans la conduite de Horus et celle d'Ounas : Horus sort de l'acacia, et Ounas de
sa jarre, et cette jarre est déterminée par la mention « étant couché dans sa jarre ». La
phrase est rappelée deux fois comme pour Horus.

2. J'avais dans ma réponse, accusé M. Loret de faire débuter sou article par une affir-
mation fausse matériellement, puisqu'il avançait au 25 septembre la trouvaille du tombeau
d'Osiris, laquelle eut lieu le 25 décembre. Il me répond qu'il a puisé ce renseignement daus
ma brochure, le fait est exact; mais ce n'est qu'une faute d'impression qui m'a échappé
et qui a été dix fois corrigée dans mon mémoire sur le tombeau d'Osiris. M. Loret le
savait comme moi, puisque vers le commencement de janvier je lui annonçai par lettre cette
découverte, alors qu'il était à Saqqarah. Il incrimine là dessus ma bonne foi scientifique :
mais elle n'a rien à faire dans ce cas. Il n'en est malheureusement pas de même pour lui
qui s'est présenté à ses lecteurs comme scientifiquement outillé après avoir dépouillé
avec bien des fatigues les textes égyptiens et qui a laissé de côté délibérément, je
crois, les trois quarts des textes qui avaient trait à la discussion.
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