Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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556 LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

voir et sans les signaler, l'honneur d'un critique est engagé près de
ses lecteurs s'il ne signale pas ce qui lui paraît faux ou simplement
contestable dans les systèmes qui se sont élevés comme par enchante-
ment. D'autres en France n'ont pas tenu la même conduite et il suffisait
qu'une théorie fût née outre-Manche pour qu'elle fût adoptée de ce
côté-ci du détroit. M. Pétrie s'est alors habitué à se considérer comme
un homme heureux, à s'attribuer une infaillibilité presque souveraine
dans toutes les questions, malgré les formidables bévues qu'il com-
mettait de temps en temps, et autour de lui les gens intéressés n'ont
pas manqué pour l'exciter à marcher dans cette voie, le couvrant de
fleurs et lui criant par dessus les toits qu'il était un grand homme. Le
temps me semble venu d'examiner si la réalité correspond bien chez
M. Pétrie à l'apparence qu'il s'est et qu'on lui a donnée, et je n'en fais
pas une affaire personnelle, mais seulement une affaire scientifique
pour le moment, la question de personne devant venir un peu plus loin.

S'il est un fait qui frappe les lecteurs des ouvrages de M. Pétrie,
c'est le manque absolu de notes dans ses ouvrages : il ne met guère de
notes au bas de ses pages que pour citer des auteurs étrangers à l'égyp-
tologie. On dirait vraiment que M. Pétrie a tout découvert en égypto-
logie, et c'est assez surprenant chez un homme qui n'a jamais traduit
un texte hiéroglyphique ou hiératique. Il ne s'occupe pas plus des tra-
vaux extérieurs que s'ils n'existaient pas et cependant il les connaît,
car s'il trouve l'occasion de tomber sur certains auteurs pour lesquels
il entretient une aversion de choix, il ne manque jamais de déverser sur
eux des phrases tranchantes comme l'acier, pleines de morgue britan-
nique, que ces hommes soient ou nom des titans, quand lui n'est
qu'un pygmée, comme pour Mariette. Sans égard pour les services ren-
dus par ce grand homme, sans reconnaissance pour les travaux de ce
pionnier de la science égyptologique qui ont rendu les siens possibles,
il l'a accusé d'avoir brisé les monuments les plus respectables, quand
ce n'est pas de les avoir complètement détruits. La grande faute de Ma-
riette, aux yeux de M. Pétrie, c'est d'avoir été Français : la politique
chez lui ne s'est jamais séparée de la science, il ne peut pardonner à la
France l'expédition d'Egypte avec cette réunion des plus illustres sa-
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