Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 559

qu'il y avait peu d'honneur à profiter du travail d'autrui, car M. Pétrie a
eu peu à faire lorsque j'avais eu beaucoup de travail. L'important était
avant tout de mettre la main sur un site aussi fructueux que celui d'Om
el-Ga'ab; quand on a été témoin que ce site pouvait donner beaucoup,
il n'y a pas grand mérite a évincer le concessionnaire à son profit. M. Pé-
trie et ses acolytes s'arrêtent peu aux questions d'honneur : ils tiennent
beaucoup plus au profit matériel. A Om el-Ga'ab leurs intérêts ont
été servis à souhait. Aussi savait-il bien qu'il en serait ainsi, tout comme
je le savais moi-même, car je m'étais aperçu qu'un assez grand nombre
d'objets avaient échappé à mes ouvriers, et je savais pertinemment que
dans le plateau situé à l'ouest de la grande colline et avant la tombe que
j'ai nommée de Set et de Horus, il avait été oublié un ou deux tombeaux.
L'histoire présente des exemples beaucoup plus grandioses que ne le
sauraient être l'histoire des fouilles d'Abydos où un peuple qu'il est
inutile de nommer tant il est connu, s'apercevant que son rival avait
fait une œuvre méritoire et pouvant devenir très prolitable, ne put lais-
ser ce rival jouir en tranquilité de ses conquêtes et les lui ravit avec la
plus brutale insolence. Les compatriotes de M. Pétrie ne sont pas gens
à se laisser arrêter par des questions d'honneur et de délicatesse :
M. Pétrie, par atavisme et par éducation nationale, ne pouvait pas ne pas
les imiter : aussi l'a-t-il fait.

La question entre M. Pétrie et moi s'annonce ainsi comme une ques-
tion personnelle, et de fait elle est aussi personnelle qu'elle le peut
être, et si je la continue c'est seulement parce que M. Pétrie l'a soule-
vée avec une acrimonie et une perfidie manifestes. Comme je ne saurais
jamais trouver une occasion plus favorable de me défendre contre des
calomnies faites de sang rassis et de propos délibéré, je pense que
mes lecteurs ne m'en voudront pas de la saisir.

M. Pétrie affecte en maints endroits de ses deux volumes sur les
tombes royales d'Abydos de ne désigner mon œuvre que sous le nom de
Mission Amélineau, 11 emploie ce terme de Mission de manière à laisser
supposer à ses lecteurs que cette mission était composée de plusieurs
personnes et que j'avais avec moi des collègues qui aidaient à ma be-
sogne, tout comme il a chaque année avec lui sa femme depuis qu'il est

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