Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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562 LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

Mais comment avais-je pu laisser tant d'objets, plu s de 40.000, a-t-on dit.
dans les décombres sans les apercevoir? Si Ton en croyait M. Pétrie,
ce serait dans la poursuite folle d'antiquités marchandes que j'aurais
rejeté tout ce qui ne pouvait pas se vendre et impitoyablement brisé
tout le reste1. Cela lui est fort facile à dire, mais c'est absolument le
contraire de la vérité, autrement dit c'est une erreur voulue. Il eût
été tout d'abord équitable de faire la part de mon inexpérience pour les
fouilles de la première année; je n'ai jamais prétendu avoir la science
infuse, et je ne pense pas que M. Pétrie l'ait eue davantage. Avant donc
de me juger, il aurait fallu attendre que mon œuvre fût complète. De
plus, j'avais reçu des conseils que j'étais obligé de suivre, et ces con-
seils qui m'étaient nuisibles, je lésai carrément rejetés la seconde année.
Je ne plaide pas les circonstances atténuantes, mais, je le répète, la
simple équité demandait à ce qu'on fît la part de l'inexpérience. Ce
n'aurait pas été l'affaire de ceux qui aspiraient à me déposséder de ma
concession. Ils ont choisi la calomnie et les voies tortueuses et ils sont
arrivés à leur but. Je reviendrai bientôt sur la calomnie, je ne veux
maintenant que mettre au jour leurs actes. M. Pétrie m'a écrit à moi-
même qu'il ignorait pour combien de temps ma concession m'avait
été attribuée parce qu'on n'avait pas publié officiellement la date de
cette concession. En lisant cette phrase je crus rêver, car c'était la pre-
mière fois que j'entendais parler de cette publication. S'il eût été per-
suadé que ma concession était arrivée à terme, qu'avait-il besoin de
rompre à ses habitudes et de se rendre en Egypte dès le mois de no-
vembre, quand d'ordinaire il ne quittait l'Angleterre que dans les der-
niers jours de décembre ? Il craignait que je ne retournasse à Abydos
et voulait arguer du commencement de ces fouilles pour pouvoir les
continuer. S'il eût cru que je ne retournais pas en Egypte, que ne m'é-
crivait-il pour me dire son intention de prendre ma succession et me

1. FI. Pétrie, The royal tombs of the first dynasty, I, p. 2, col. 2 : « And worst of ail,
for history, corne the active search in the last four years for everything that could bave
a value in the eye of purchasers, or be sold for profit regardless of its source ; a search
in wicfa whatever was not removed was deliberately and avowedly destroyed iu order
to enhance the intended profits of European speculators ».
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