Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 565

ne pouvons qu'appliquer au destructeur ses propres paroles concernant
les Coptes qui laissèrent les restes « tous brisés de la manière la plus
sauvage 1 ».

Mes lecteurs ne diront pas que je recule devant des citations aussi
désagréables pour moi que la précédente, ni que M. Pétrie, qui avait
semblé garder quelque mesure dans les calomnies de son premier vo-
lume, n'ait voulu lâcher ici toute sa rancune et toute sa bile à mon égard,
M. Pétrie a cru prouver ainsi la légitimité de son usurpation en entassant
calomnies sur calomnies, et je crois difficile de montrer plus d'impu-
dence. En son pays, ce n'est pas chose inouïe, et la très récente histoire
apprendra à la postérité quels ont été les procédés des Anglais envers
un petit peuple qui avait le grand tort de vouloir défendre son existence.

Qui veut noyer sou chien l'accuse de la rage;

il y a déjà longtemps que Molière l'a dit, mais la vérité est toujours
nouvelle, parce que l'homme ne change pas. Il n'y a pas une seule des
affirmations de M. Pétrie qui ne soit une affreuse calomnie.

Tout d'abord les jarres en terre n'ont pas été réduites en pièces, sur-
tout pour la raison qui est donnée de leur destruction. C'est surtout la
première année que j'ai trouvé de grandes jarres en terre : toutes
celles qui pouvaient être transportées en ma maison le furent; il y en
avait environ 150, dont le tiers me fut attribué et les deux autres prirent
le chemin du musée de Gizeh. Il y avait un bateau tout entier qui fut
envoyé à Ballianah pour les charger, au nom de M. de Morgan. Comme
M. de Morgan ne se trouvait pas au musée quand elles y arrivèrent,
celui des employés, auquel j'ai fait allusion plus haut, parla de les jeter
au Nil, les fit remiser dans un coin des dépendances du musée où l'on
remisait les monuments n'ayant presque pas de valeur, et de là elles ont
pris le chemin de divers musées en Europe. Je suis certain de ce que
j'avance. Parmi les jarres qui défiaient le transport, parce qu'elles
étaient déjà brisées, je fis recueillir avec le plus grand soin tous les
fragments portant un signe quelconque d'écriture, je les fis transporter
en ma maison d'où elles m'ont suivi à Paris, car au musée on m'avait

1. Pétrie, The royal tomhs ofthe ftrst dynasty, II, p. 2, col. 1 et 2.
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