Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 567

très sauront à quoi s'en tenir. Dans les pages de la brochure que je publiai
à la (in de la troisième campagne de fouilles je ne trouve pas un mot qui
puisse me rendre responsable du bris de ces jarres. Voici ce que j'en
dis : « Toutes les chambres latérales étaient en effet occupées en grande
partie par d'énormes jarres ayant environ, coiffées de leurs bouchons,
lm,30 de hauteur, maintenues devant par le sable qu'on avait amoncelé
au pied de chacune d'elles; il n?y avait donc pas grande place pour le
dépôt des menus objets, qui composaient en grande partie l'ameuble-
ment de la tombe1 ».ll n'y a rien là qui proclame que j'ai tout brisé.
Plus haut j'ai dit encore : « Ainsi les chambres est, à l'exception de la
chambre E, n'avaient été incendiées que d'une façon très sommaire, car
j'ai retrouvé encore en place les grandes jarres qui les remplissaient,
noircies, fêlées par l'incendie, mais toujours debout et quelques-unes
coiffées encore de leurs bouchons coniques2 ». Ces jarres noircies par
le feu, fêlées, une fois retirées du sable se sont tout naturellement
brisées; quant à leurs bouchons j'ai fait transporter tous ceux qui pou-
vaient être utilisés et, comme on les a presque tous gardés au musée de
Gizeh, ils sont en ce moment au musée du Caire et ceux qui m'ont été
attribués sont à Paris. Si M. Pétrie en a trouvé de brisés dans les
chambres du tombeau, ce qui est possible, ce n'est pas moi qui les ai fait
briser : ils l'étaient avant que je n'eusse ouvert le tombeau. Donc encore
une accusation purement calomnieuse.

Quant aux jarres qui contenaient des matières grasses, voici ce que
dit ma première brochure : « Ces grands vases contenaient les matières
les plus diverses, des dattes, des céréales, des fruits de napeca, des
matières grasses en abondance, de l'encens, etc.; leur contenu s'est à
peu près conservé intact et les matières grasses brûlent pendant des
journées entières, comme j'en ai fait l'expérience' ». Y a-t-il dans cette
phrase, je le demande à tous les gens de bonne foi, quelque chose qui
ressemble en quoi que ce soit à la proposition générale de M. Pétrie :
« les jarres à matière grasse (jars of ointment) furent brûlées ? » La

1. Ibid., 1897-98, p. 42-43.

2. Ibid., 1897-98, p. 42.

3. E. Amélineau, Les nom elles fouilles d'Abrdos, 1895-1897, p. 18.

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