Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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568 LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

phrase de M. Pétrie donne l'idée d'une destruction générale, tandis que
la mienne donne seulement l'idée d'une expérience qui pouvait être
faite sans destruction de jarre et seulement pour savoir si le contenu
des jarres avait encore conservé sa vertu première, ce qui était fort li-
cite et ce qui était même mon devoir. Voici à quelle occasion cette expé-
rience fut faite : on avait trouvé dans la tombe du roi Serpent un
fragment de pierre auquel adhérait encore une certaine quantité de
matière que la chaleur du soleil faisait fondre ; un de mes ouvriers, le
vieux'Add-er-Rabou,me dit que, si on l'allumait, cette matière prendrait
feu et brûlerait longtemps. Je lui dis : « Allume », et alors il y mit le
feu et la matière brûla très lentement, en dégageant une légère fumée,
et la combustion ne fut complète qu'au moment de quitter le travail, à
6 heures du soir alors qu'elle avait commencé vers onze heures. Voilà
à quoi se réduit l'incendie des jarres à matière grasse.

Ce qui m'est reproché ensuite, c'est la perte des plus intéressantes
parties de la tombe det Zer, dite d'Osiris, où une masse de bois longue
de 28 pieds anglais, large de 3, aurait été détruite par moi sans
aucune pitié scientifique. Il s'agit ici, personne ne s'en douterait, de la
châsse d'Osiris, qui avait bien 8m,40 sur 0m,90. Et à ce propos, je me
demande comment M. Pétrie peut le savoir, si je [l'ai fait détruire,
comme il le dit. Il cite les mesures que j'ai données, et cependant l'un
des arguments mis en avant a été mon inaptitude complète à prendre
des mesures exactes? Je n'ai pas eu besoin de faire détruire le sol de
cette châsse qui seul existait pour la bonne raison que la châsse était
complètement détruite, et que les planches qui formaient le sol étaient
tellement vermoulues qu'elles tombaient en poussière. Il n'y avait en
cet endroit nulle trace d'incendie, parce que l'incendie avait été allumé
dans les chambres où on l'avait éteint sous le sable, et dans le centre
de la grande cour hypètre où il avait flambé et détruit toutes les ma-
tières qui l'alimentaient. J'ai fait ramasser soigneusement les restes de
planches qui sortaient encore du sol et qui portaient des clous d'attache
en cuivre. En quoi l'accusation de M. Pétrie pourrait-elle m'atteindre?
Elle retombe sur lui comme accusation fausse, comme calomnie froide-
ment voulue.
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