Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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570 LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

j'avais apprise dans ma dernière campagne, et c'était l'une des raisons
qui me faisaient former le projet de ressasser les décombres d'Om el-
Ga'ab. Et maintenant que reste-t-il des accusations de M. Pétrie? Avant
tout autre but, j'avais fixé devant mes yeux, le but scientifique, je ne
l'ai jamais oublié.

Toutes les phrases de M. Pétrie sont autant de calomnies et je les ai
réfutées. Il est profondément triste pour quelqu'un qui a travaillé de
toute son âme à élargir le domaine de la science, qu'il a élargi en réalité,
quoi que puissent en penser mes adversaires, de voir ses intentions
travesties, ses actes mal jugés de propos délibéré, et d'être en butte à
autant d'injures. Je me suis conduit en homme loyal ; j'ai été plus sévère
encore pour moi qu'envers les autres; j'ai défendu les droits de ce que
je croyais et crois encore la vérité, et tout cela n'a servi qu'à me faire
traiter comme jamais encore on n'avait traité un collègue. Non, mon-
sieur Pétrie, je n'ai jamais employé ces procédés de Rob-roy, ces ca-
lomnies de forban, parce qu'ils ne sont pas dans ma nature. Puisqu'il
vous a semblé bon de vous en servir, je vous les laisse : ils vous feront
en définitive plus de mal qu'à moi ; vous pouvez triompher au milieu de
vos affidés, rire de mon inexpérience et de mon inaptitude aux fouilles,
m'accuser des pires choses, on sait trop ce qui vous a blessé : vous
êtes orfèvre, monsieur Josse, et la postérité pour laquelle je travaille
autant que pour mes contemporains, saura juger le différend qui s'est
élevé entre nous.

Cette question personnelle une fois vidée, j'arrive à la question scien-
tifique. M. Pétrie, dans ses deux volumes n'a jamais mentionné mon
nom que pour dire que je m'étais trompé. Mais cependant, il me semble
bien qu'en indiquant les faits qui se sont produits, les monuments qui
sont sortis au jour, j'ai quelquefois atteint la vérité. M. Pétrie ne s'oc-
cupe donc de mes travaux que pour dire qu'ils ont été mauvais ; il a
changé complètement la dénomination et la classification des sites, il
n'a raisonné que d'après ses propres découvertes. 11 en a fait sans
doute ; mais celles qui nous sont communes à tous deux, il a oublié de
le dire et même de s'en souvenir, ne sont des découvertes qu'autant
que je les ai faites, elles ne peuvent aucunement passer à l'actif de
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