Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

Seite: 571
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amelineau1905bd3_2/0222
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
facsimile
LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 571

M. Pétrie ; car une découverte une fois faite ne peut plus être faite :
quand on a mis une fois qu :lque chose au jour, ce quelque chose reste
toujours en lumière, à inoins qu'on ne l'enfouisse de nouveau en terre,
ce que je me suis Lien gardé de faire. Si M. Pétrie considère la science
comme une course, il n'y a pas à dire, je suis arrivé avant lui. Je n'en
tire pas vanité d'ailleurs; c'est une pure chance. Mais j'ai eu plus que
de la chance : en tombant sur les objets que j'ai découverts, j'ai su en
comprendre l'importance, la nature et l'époque. M. Pétrie, avec les
objets de Neggadeh, s'était trouvé en face d'une époque identique, ou
peu s'en faut, il a commis la plus grande erreur qu'il pouvait com-
mettre, en imaginant cette nouvelle race qui avait conquis l'Egypte
à la IVe dynastie et qui l'aurait conservée jusqu a la XVIIIe . Mais alors
où donc étaient les Egyptiens? Aujourd'hui M. Pétrie a changé son
fusil d'épaule, il est plus royaliste que le roi, il est engagé plus que je
ne l'ai été dans la préhistoricité ; il a bâti systèmes sur systèmes, et
tout s'est écroulé. 11 n'y a pas que moi qui lui adresse des critiques à
ce sujet; nous en aurons bientôt la preuve.

Une chose plus grave encore est produite par celte méthode. M. Pé-
trie ne voulant faire usage que des monuments qu'il a trouvés, môme
découverts, s'il y tient, se prive forcément de données dont il faut tenir
compte dans la solution des problèmes qui sont nés des découvertes
d'Om el-Ga'ab. Par conséquent, il ne doit pas s'étonner que les solutions
qu'il donne avec une confiance surprenante en son propre mérite, ne
puissent être solidement étayées et soient caduques. M. Pétrie le verra
peut-être quelque jour, mais il ne l'avouera pas. 11 n'a jamais avoué dans
ses volumes qu'il avait fait fausse route pour sa nouvelle race; il
s'est contenté de dire que cette formule de la nouvelle race était une for-
mule d'essai, mais il avait fait annoncer par un savant allemand qu'il
avait changé d'idée '. Il aurait été beaucoup plus noble et plus honnête
de le dire soi-même. Ainsi, pour le tombeau qu'il appelle du nom de
Zer, il n'a jamais fait mention qu'on y a trouvé le lit d'Osiris, et cepen-
dant ce lit avait une raison de se trouver dans ce tombeau. De même, si
M. Pétrie avait voulu étudier scientifiquement la forme des tombeaux

1. M. Max Mûller dans Orientalische Lilteratur-Zeitung, juin 1898, p. 187, n. 2.
loading ...