Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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572 LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

qu'il dit avoir explorés, et il l'aurait pu faire puisque je n'en ai pas dé-
truit la moindre brique, il n'aurait pas manqué de faire connaître les
résultats de son étude. Or il ne l'a pas fait; donc il n'a pas voulu le
faire, parce que son but était avant tout cette chasse aux antiquités qu'il
me reproche avec tant d'acrimonie. Cette chasse, je l'ai faite avec le plus
d'ardeur que je pouvais y mettre, mais je la menais de front avec l'étude
des monuments scientifiques et je ne l'ai faite que pour aider à la der-
nière. Dans le tombeau de Set et de Horus (Khasekhemoui) il aurait pu
étudier les offrandes qui y furent faites jadis, car dans les chambres de
la seconde partie il en est resté des hectolitres et des hectolitres à
même dans le sable. M. Pétrie n'en a pas dit le moindre mot et par là
s'est privé d'une nouvelle accusation à mon adresse. Pour ma part, j'ai
essayé de déterminer ces offrandes, tout au moins traditionnellement,
j'en ai rapporté de nombreux échantillons que l'on a dédaignés, mais
qui ont quand môme leur valeur. Encore là, qui s'est le plus préoccupé
des intérêts delà science, M. Pétrie ou moi? Ce même tombeau offrait à
son inspection certains détails dont il aurait pu tout aussi bien profiler
que moi et qu'il aurait pu publier avant moi : par exemple la position
des chevrons dans les murs ouest de cet immense tombeau, leur largeur
inégale, leur distance aussi inégale l'un de l'autre; il avait encore tous
les éléments de cette étude à sa disposition, puisque les bouts des che-
vrons sont restés encastrés dans le mur à l'ouest du corridor est et dans
le mur ouest de ce tombeau. Il n'en a pas parlé davantage. Il ne les a
donc pas vus. Je pourrais conclure presque avec assurance que M. Pé-
trie n'a pas refouillé ce tombeau, parce qu'il s'est contenté de rechercher
les antiquités, que ses ouvriers qui avaient été les miens lui auront dit
qu'il n'en trouverait pas, tandis qu'ils avaient pu lui assurer qu'il en
trouverait sur le champ de fouilles de la première année. Là encore,
qui a pris les intérêts de la science?

Il y a mieux encore. Dans le mur sud de l'une des chambres de la
partie sud, comme on avait eu à supporter des descentes terribles de
sable et que le mur avait été percé de part en part par les spoliateurs,
le sable s'engouffrait dans le trou et mes ouvriers avaient bouché ce
trou avec d'énormes morceaux de jarres en onyx : ils y sont restés
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