Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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576 LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

tout au moins le sentiment traditionnel de l'Égypte sur les monuments
qu'il fouillait. M. Pétrie n'a donc aucun droit à se poser comme le
champion de la science.

Mais voici encore une erreur bien plus grave dans les plans de
M. Pétrie, qu'elle lui soit imputable personnellement ou qu'on doive en
faire tomber la responsabilité sur M. Mace. M. Pétrie dit qu'il a dirigé
personnellement les travaux qu'il a fait faire au tombeau de Kkasekhe-
moui (Set et Horus) pour la partie sud de cette tombe, et que le reste de
l'opération fut confié à M. Mace1. Or, en se reportant à la planche LXIII
de son second volume, le lecteur trouvera que de la première partie du
monument on pénétrait dans la seconde, à l'est et à l'ouest, par deux
portes qui faisaient ainsi communiquer les deux parties. Or, ces deux
portes n'existent pas, ou du moins n'existaient pas lorsque je déblayai
ce tombeau : je me rappelle encore la surprise où je tombai avec tous
mes ouvriers, quand nous vîmes que le mur sud de cette partie courait
d'est en ouest sans aucune interruption. Il n'y a pas à dire que nous
avons pu nous tromper : le crépissage du mur était entier sur la partie
conservée, et il n'y a pas besoin d'être un savant architecte pour voir, il
suffit de n'être pas aveugle. J'ai bien vu la porte qni coupait le mur du
corridor est vers la fin de la tombe : pourquoi et comment n'aurais-je pas
vu une porte qui aurait mis les deux parties de la tombe en communi-
cation, si elle eût existé?M. Pétrie a dû trouver le mur tel que je l'avais
laissé : comment l'a-t-il laissé à son tour? C'est une question qu'on est
en droit de se poser? D'ailleurs à quoi eût servi la porte ouest, puisque
les chambres ouest qui bordaient de ce côté la grande salle étaient mu-
rées ? Les murs en terre de ces chambres, du côté est, touchaient le mur
ouest de la grande salle en pierre; il n'y avait pas le moindre interstice;
ces trois chambres étaient ainsi murées, comme dans le tombeau d'Osi-
ris, les chambres A et D. Dès lors qui prend encore ici les intérêts de
la science, c'est-à-dire de la vérité objective ? qui se soucie de ne pas
induire ses lecteurs en erreur? Et ce n'est pas tout; il y a quelque chose
de beaucoup plus grave encore.

1. FI. Pétrie : The royal tombs of the first dynasty, II, p. 1.
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