Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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580 LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

phès, le roi de la Ire dynastie, et que M. Pétrie la place dans la tombe
de Zer, qu'il identifie avec l'Athothis de la liste de Manéthon et le Téta
de la table d'Abydos, second roi de la I" dynastie. Mais cette théorie
estime pure hypothèse qui ne repose sur aucun fondement, c'est une
théorie lancée comme celle de la nouvelle race et qui sera ruinée comme
la précédente. Et les ouvriers qui construisirent cette châsse, qui
durent nettoyer le tombeau du sable qui l'encombrait, nettoyèrent sim-
plement l'espace dont ils avaient besoin, sans s'occuper de nettoyer les
chambres voisines où ils auraient trouvé la momie de la reine, femme
de Zer, et cela au moment de l'instauration d'un culte qui devait attirer
pendant mille ans — M. Pétrie aurait pu doubler ce chiffre sans exagé-
ration — un si grand concours de fidèles. Seconde invraisemblance,
plus grave que la première. Et de trois. D'après les détails que donne
M. Pétrie et d'après ce qu'il dit, le bras qu'il a trouvé aurait été un bras
momifié. Ainsi dès le second roi de la Ire dynastie, on employait la mo-
mification. Je le veux bien; mais alors comment se fait-il que de tous
les squelettes que j'ai trouvés et que M. Pétrie a trouvés aussi ce soit
précisément le seul qui ait été momifié et solidement embandeletté,
puisqu'on a pu monter dessus sans le briser? Tous étaient en effet
dans la position contractée, tous excepté ceux trouvés dans quelques
tombeaux de la rangée sud, où l'on avait essayé l'emploi du natron,
de telle sorte qu'on peut bien y voir les commencements de la momi-
fication, mais nullement un état aussi parfait de momification que l'ac-
cuse la découverte de M. Pétrie. Or, s'il faut tenir compte des tenants
et aboutissants, c'est ici le cas, ou jamais. Alors? Il en faut conclure
que le bras de la momie n'appartenait pas à l'époque. Et de quatre.
M. Pétrie nous renvoie aux photographies qu'il a prises de la
chambre et publiées. Je les ai attentivement considérées, et aussi les
miennes, car j'en ai fait prendre cette année-là : je n'y vois rien de spé-
cialement intéressant pour le sujet qui m'occupe : rien ne décèle la pré-
sence du bras que les ouvriers de M. Pétrie y ont rencontré. Mes
ouvriers n'étaient pas aussi fidèles que ceux de M. Pétrie, je le veux
bien croire; mais ils avaient d'aussi bons yeux et ils n'ont rien vu.
Pourquoi? Probablement parce qu'il n'y avait rien. En tout cas, M. Pe-
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