Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

seulement ces accusations par les meilleurs arguments qui sont en mon
pouvoir.

M. Pétrie est sujet encore à un autre reproche au sujet des fouilles
qu'il a faites à Ora el-Ga'ab. N'ayant point vu le site avant les fouilles
que j'ai faites, il a cru qu'il lui était licite de donner aux collines diverses
qui allaient vers la montagne un nom quelconque, sans faire aucune
attention à la désignation par laquelle je les avais distinguées. Cepen-
dant, il est assez d'usage, je crois, que le second venu dans les explo-
rations géographiques tienne compte des observations faites en premier
lieu, ou tout au moins fasse connaître les raisons pour lesquelles il a cru
ne pas pouvoir conserver la dénomination employée par son prédéces-
seur. Du reste, je n'avais désigné les sites que par deux mots : colline
et plateau, ce qui était conforme à la réalité et ce qui ne gênait ou ne
pouvait gêner personne. M. Pétrie, étant venu en second lieu, ce qu'il
ne peut me pardonner, s'est dit qu'il changerait tôutcela et il n'a tenu
aucun compte de mes dénominations, au risque et sans doute dans le
but de tromper ses lecteurs. Je m'explique.

Le lecteur qui voudra se reporter au premier volume de cet ouvrage
verra que la nécropole d'Om el-Ga'ab était séparée de toutes les autres
nécropoles particulières d'Abydos et notamment de la nécropole qui
s'étend à l'ouest de la Schounet ez-Zebîb et de la partie de la nécropole
du centre qui s'avance vers la montagne comme un cap et qui se termi-

(M. Pétrie pensait sans doute au Iiaid de Jameson) sur la richesse artistique sont cités
avec un grand bonheur : l'archéologue anglais aurait pu rappeler les vols de lord Elgin,
nom qui doit lui être connu, qui n'avait pas ce qu'on appelle communément les droits de
la victoire, mais qui de sang-froid, de propos délibéré enleva aux Grecs et à Athènes les
sculptures du Parthénon qu'avaient respectées les Turcs eux-mêmes. Je ne crois pas que
ces sculptures aient beaucoup gagné à être transportées, après le beau climat de Grèce,
sous le climat humide et brumeux de Londres. L'exemple du Palais d'Eté est aussi cité
avec beaucoup d'à propos, car tout le monde sait que ce palais fut pillé et incendié par
l'armée anglaise, avec le concours, l'excitation et l'exemple de ses chefs. M. Pétrie aurait
pu ajouter l'exemple récent qu'a donné le contingent anglais lors de la dernière expédi-
tion même où soldats et officiers se sont livrés au pillage le plus elTréné et le plus hon-
teux pendant que nos soldats veillaient sur les tombes royales pour empêcher toute pro-
fanation. En vérité on reste confondu devant tant d'outrecuidance et d'hypocrite phari-
saïsme. M, Pétrie connaît à ravir la méthode qui consiste à crier : haro sur ceux qui le
gênent et à se donner à lui-même des lettres de béatification.

1. E. Amélineau : Les nouvelles fouilles d'Abydos, tome I, 1895-96; p. 57. seqq.
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