Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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584 LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

tait sans doute avant Aménophis III. Cette statuette était dans les dé-
combres au dessus de la tombe d'Osiris. La seconde erreur est un vrai
mensonge, au moins objectivement, sinon subjectivement. M. Pétrie a
pu lire dans mon premier volume, car je le lui ai envoyé sur sa demande,
que j'avais trouvé là la table du roi Ousortesen Ier, laquelle est un
monument fort précieux pour l'histoire de l'Egypte, car elle permet de
conjecturer que le passage de la XIe à la XIIe dynastie se fit pacifique-
ment; il a pu de plus voir ce monument qui est de ceux qu'on ne peut
s'empêcher de voir à cause de sa taille, et il ne craint pas d'affirmer
qu'entre la Ve et la XVI11° dynastie la première butte ne contenait pas un
seul autre monument daté ! Vraiment, c'est se moquer du public etvouloir
l'induire en erreur. Le but de M. Pétrie en écrivant ces paroles, c'est
de faire croire d'abord que le site était occupé par une tombe, celle du
dit Emzaza, et ensuite que la tombe d'Emzaza ayant étéconsidérée comme
royale, les dévots y ont apporté des offrandes. En cela, M. Pétrie montre
qu'il ne connaît pas les coutumes égyptiennes : le culte des ancêtres
auquel il fait allusion, sans le nommer, parce que c'est une théorie fran-
çaise d'origine, je dois le savoir, le culte des ancêtres, dis-je, était loca-
lisé dans chaque famille; personne n'avait le droit d'y prendre part que
les membres de la famille ou du clan. Alors que seraient venues faire
les offrandes de Hiqreshu, d'Emzaza, du roi Ousortesen Ier, sans comp-
ter nombre d'autres? Il faut une raison plus large pour rendre compte
de ce concours général à Om el-Ga'ab, surtout des offrandes d'Ousor-
tesen : ce concours et ces offrandes, dont ne rendent pas compte les
pratiques du culte des ancêtres, annoncent le culte d'une divinité recon-
nue et aimée de tous, à savoir Osiris.

M. Pétrie ne s'est pas même posé le problème qu'il tente cependant
de résoudre à sa façon en disant que sous la XVIIIe dynastie il y eût un
renouveau de dévotion pour les rois de la Iro dynastie. Où a-t-il vu pa-
reille affirmation ? Je serais curieux de le savoir, ou plutôt je le sais bien :
cette affirmation ne s'est fait jour que dans la tête de M. Pétrie, et lors-
qu'elle s'est casée en son cerveau, il l'a considérée comme irréfutable.
M. Pétrie prend le bon moyen de se faire une opinion arrêtée sur toutes
les questions : il ignore de propos délibéré tout ce qui peut être con-
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